lundi 21 avril 2014

Aucun homme n'est une île








Auteur : Christophe Lambert
Année d'édition : 2014
Edition : j'ai lu
Nombre de pages : 288
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Avril 1961. Le président Kennedy retient in extremis le débarquement des troupes antirévolutionnaires à Cuba : le fiasco de la Baie des Cochons n'aura pas lieu. Quelques mois plus tard, mieux préparés militairement, les Américains parviennent à envahir l'île et à renverser le régime castriste. Le Líder Máximo et ses troupes se retranchent dans les montagnes imprenables de l'Escambray, et la guérilla reprend.
Ernest Hemingway, qui ne s'est pas suicidé au cours de l'été 1961, voit là une occasion unique de réaliser le scoop de sa vie : une interview de Castro et Guevara in situ. Accompagné par un faux photographe/véritable garde-chiourme de la CIA, cigare entre les dents et fusil en bandoulière, l'auteur de Pour qui sonne le glas reprend les sentiers de la guerre...

Même si la rencontre ne s'est pas faite, je tiens à remercier le forum Mort Sûre et les éditions J'ai Lu pour ce partenariat.

"Aucun homme n'est une île" est une uchronie à court terme, basée sur deux hypothèses : les américains ont réussi à débarquer à Cuba et à forcer Fidèle Castro à repartir dans la forêt ; et Hemingway ne s'est pas suicidé juste avant et à décider d'aller interviewer Castro en tant que reporter de guerre. L'histoire du roman se déroule donc juste après la "bifurcation historique" par rapport à la réalité. La narration suit en alternance deux fils différents : Hemingway d'un côté, les guerilleros de l'autre (Castro, Che Guevara...). Le tout dans une ambiance de pays occupé.

A la base, le contexte historique de ce roman ne fait pas partie de ceux qui m'attirent le plus. J'ai toutefois postulé pour ce partenariat pour deux raisons :
- J'avais entendu parlé de l'auteur, Christophe Lambert (pas l'acteur, l'écrivain), en bien.
- J'ai déjà eu l'expérience de romans où l'histoire et la plume de l'auteur ont réussi à me réconcilier avec des périodes qui ne me plaisaient pas du tout a priori ("Black Out", par exemple).
Je me disais donc "Ce n'est pas un roman vers lequel j'irais naturellement dans une librairie, mais c'est peut-être justement l'occasion de faire une belle découverte en sortant de mes sentiers battus".
Eh bien, pour le coup... raté.

Je n'ai même pas réussi à aller jusqu'au bout. Tout juste ai-je dépassé les 100 premières pages, et donc le tiers du roman. J'ai essayé plusieurs fois de m'y replonger, espérant que l'histoire finirait par m'agripper et me donner envie de le lire jusqu'au bout. Mais systématiquement, au bout de quelques pages, j'avais envie de le reposer.
Cela tient essentiellement au style de l'auteur. Je l'ai trouvé très froid, très sec. Je ne me suis pas retrouvée plongée dans les ambiances qu'il décrivait, et je suis encore moins entrée en empathie avec les personnages. Voir même, pour le personnage de l'agent de la CIA, je n'y ai pas cru du tout.
Certains dialogues sont caractéristiques de ce style sec et impersonnel. Voici un extrait du dialogue de la rencontre entre Hemingway et Robert Stone (l'agent de la CIA qui doit se faire passer pour un photographe auprès d'Hemingway) :
- Alors, c'est vous le photographe ?
- Oui, c'est moi.
- Vous avez travaillé pour qui ?
- Un peu tout le monde.
- Mais encore ?
- Life Magazine.
- Vous connaissez Sam Shaw ?
- Je l'ai croisé.
- Shaw est un sacré bon photographe.
- Il est très bon, acquisça Robert Stone, mal à l'aise.
[...]
- Vous êtes arrivé quand, monsieur Hooper ?
- Hier.
- C'est votre première fois à La Havane ?
- Oui.
- Et vous trouvez la ville comment ?
- Jolie.

Stone est censé se faire apprécier de Hemingway. Quand j'ai lu ce dialogue, j'ai eu de gros doutes sur les compétences de Stone... Et, de manière logique, Hemingway ne croit pas du tout qu'il soit photographe, et ne l'apprécie pas.
Un autre petit élément qui a eu le don de m'énerver à chaque fois que je le trouvais, c'est que l'auteur appelle tout le temps son agent de la CIA "Robert Stone", en utilisant le nom en entier. Alors que pour ses autres personnages, il utilise tantôt le nom, tantôt le prénom, tantôt le surnom lorsqu'il existe. Déjà que "Robert Stone" a une sonorité dure je trouve, le retrouvait répété régulièrement me sortait complètement de la lecture, car celle-ci n'était plus fluide.

Les scènes du côté des guerilleros étaient un peu plus agréables à lire, plus fluides. Toutefois, arrivé au tiers du roman, il ne se passait toujours rien ou presque. A part quelques discussions philosophiques entre Che Guevara et un caméraman de sa troupe, l'auteur ne nous fournissait guère de choses à nous mettre sous la dent. Et Hemingway ne semblait pas prêt d'arriver à rejoindre les guerilleros pour faire ses interviews.

N'arrivant pas à identifier vers quoi le roman voulait m'emmener, sans fil rouge pour me tirer vers l'avant, et avec un style de narration qui ne m'emportait pas du tout dans l'histoire, j'ai fini par abandonner.

Je suppose toutefois que les lecteurs qui apprécient le style de Christophe Lambert (et vu la carrière de cet auteur, ils doivent existaient en nombre) apprécieront cette uchronie qui me parait très bien documentée. Les détails historiques sur les personnages et les lieux sont nombreux et peuvent apporter une saveur particulière à ceux qui apprécient cette période de l'Histoire.

jeudi 17 avril 2014

Le point à la mi-nano

Bon, je sais, la mi-nano c'était hier, mais j'ai pas trouvé le temps de rédiger cet article...

Alors, si je regarde mon compteur, il m'annonce :
- 10562 mots écrits
- 660 mots par jour en moyenne
(Par ici pour plus de détails...)

C'est en deça de mon objectif, mais ça reste tout de même un beau résultat je trouve. Surtout si on compare à mon rythme d'écriture avant le nano ! :D

Je m'étais donné au début pour objectif d'écrire 50k mots dans le mois, tout en sachant que je n'arriverais jamais à le tenir. Au bout de quelques jours de nano, je me suis rendue compte que ça me déprimait un peu de comparer mes scores à un objectif que je ne pouvais de toute manière pas atteindre. Du coup, j'ai revu mon ambition à la baisse de moitié, et je me suis donnée pour objectif sur le mois d'écrire 25k mots. Je suis un peu en dessous pour l'instant, mais on sait jamais, celui-là je pourrais bien arriver à l'atteindre ! ^.^
Si c'était le cas, ça me ferait entre 1/3 et 1/2 de Byakko (je ne sais pas quelle sera sa taille totale) rédigé en un mois. Ca serait déjà super bien !

Le nano ne fonctionne pas pour tous les auteurs, mais il semble plutôt bien me convenir. Il m'a fournit la motivation nécessaire pour me poser tous les soirs (de libres) devant mon clavier, et écrire sur Byakko même lorsque je n'en ressentais pas vraiment l'envie/l'inspiration. Au final, les premiers mots d'une scène sont parfois difficiles à poser, mais ensuite l'inspiration finit toujours par pointer le bout de son nez pour me permettre d'enchainer.
Bien sûr, il y a des jours où c'est plus laborieux que d'autres. Quand je suis fatiguée, ma muse rechigne à me souffler les bons mots, et je me retrouve parfois bloquée en cherchant un terme précis qui m'échappe. Dans ces cas-là, le rythme d'écriture est assez lent, et la séance d'écriture plutôt courte.
Mais il y a eu d'autres jours où j'étais bien en forme, et où l'inspiration coulait de sources pour mes scènes. J'ai alors battu des records sur mon compteur journalier ! :D

Chose importante, le nano me permet enfin de prendre conscience de ma capacité à bosser régulièrement sur mon roman, et de l'importance de le faire. Voir Byakko s'étoffer à un rythme régulier, ça m'évite la démotivation du "gros projet qui va prendre super longtemps à être terminé". Là je me dis "Qui sait, peut-être que d'ici juin j'aurais bouclé (enfin !) mon premier roman !".
En plus, même si j'ai parfois l'impression de ne pas très bien écrire (puisque je prends moins de temps à réfléchir à mes phrases, et je ne me relis pas ou presque), les retours des grenouilles qui me suivent sur mon challenge (cf: Cocyclics) sont toujours très positifs sur les extraits. Ca me booste à fond !
(=> J'écris vite (enfin, par rapport à avant), et en plus ce que j'écris n'est pas à jeter aux orties ! Yatta !)
Pour l'instant, ça me plait tellement le nano que j'ai bien envie de faire aussi le camps de juillet, avec une idée de novella qui me trotte dans la tête depuis quelques jours. Du coup, je suis encore plus motivée pour terminer Byakko avant. ;)

Avoir posé une scénographie détaillée du début de Byakko m'aide énormément dans ce nano. Ca me permet chaque soir d'aller voir qu'elle est la scène suivante que je dois rédiger, sans trop me poser de questions. Et du coup, je me lance très vite dans la rédaction de cette scène, sans avoir peur que la suite des évènements s'enchaine mal. Ca a été réfléchi auparavant, lors de la rédaction de la scénarisation, et je suis donc sereine sur ce qu'il faut écrire.
D'ailleurs, j'approche de la fin de la partie que j'ai scénarisée, et il va donc falloir que je me prenne un ou deux jours pour réfléchir à la suite de ma scénarisation...

Sur ce, je vous laisse ! J'ai mon quota de mots (et plus si possible, pour rattraper mon retard) à rédiger pour ce soir !

mardi 25 mars 2014

Mary's Blues


Auteur : Marie-Anne Cleden
Année d'édition : 2014
Edition : HQN (Harlequin numérique)
Nombre de pages : ~260 (numériques)
Public visé : Adulte (tout public)
Quatrième de couverture :
Riv est apparu au crépuscule, avec la pluie.
Au début, Mary a cru que cet homme étrange, assis sur son toit, était l’une des manifestations de ses rêveries éveillées. Mais il n’a pas disparu dans l’ombre d’un clignement d’œil. Nu, magnifique, désirable, il l’a regardée avec une intensité troublante ; comme s’il voyait au plus profond d’elle-même, comme s’il comprenait tout ce qu’elle ressentait. Et Mary a su qu’elle l’attendrait chaque soir de pluie… 

Je tiens à remercier les éditions HQN, ainsi que l'auteur, pour ce partenariat.

Mon histoire avec Mary's Blues commence il y a longtemps, lorsque son auteur avait ouvert un challenge pour ce texte sur Cocyclics. Je n'avais pas pu le suivre de manière très assidue, mais déjà à l'époque le pitch m'avait charmée. Puis le texte est passé en cycle sur Cocyclics, mais là aussi je n'ai pas pu y participer par manque de temps, malgré mon envie.
J'étais donc très curieuse de découvrir la version finale de ce roman, de voir ce que l'auteur en avait finalement fait. Et ce fut une belle découverte !

J'ai eu un peu de mal à rentrer dans ce texte pour un petit détail qui tient à mes goûts personnels : il est raconté au présent, à la troisième personne. Je dois dire que j'ai du mal avec tous les textes qui emploie cette narration, mais j'ai des amies qui au contraire adorent quand c'est narré ainsi ! Donc, c'est un petit point négatif pour moi, mais je sais que ça ne le sera pas pour tout le monde.

Mary's Blues est publié chez HQN (donc Harlequin), mais ne vous attendez pas à retrouver une romance classique. On est bien loin de ce que j'ai pu lire auparavant chez Harlequin !
Mary's Blues, c'est avant tout l'histoire d'une jeune femme qui se morfond dans la vie qu'elle s'est construite, parce qu'elle a atteint tous ses rêves. Elle a un bon travail qui lui permet d'appliquer sa créativité et son sens de l'organisation (wedding's planner) ; elle est indépendante financièrement ; elle est propriétaire de son appartement sous les toits de Paris (son rêve depuis toujours). Bref, elle a atteint ses objectifs et manque désormais de rêves pour aller de l'avant.
C'est là que Riv intervient. C'est un ondin de la Seine, et il a pour but de rendre à Mary sa joie de vivre, afin que ses sentiments positifs alimentent en énergie le royaume de féérie. Sauf que tout ne va pas se passer comme il le prévoit.

Je dirais que la romance dans Mary's Blues est plutôt au second plan. D'autant plus que les sentiments de Mary vont se partager entre Riv, et son nouveau voisin bien humain. Mais ça ne donnera pas exactement lieu à la définition classique du "triangle amoureux". Je vous laisse lire le roman pour découvrir comment ça se passe. ;)

L'aventure est aussi présente dans Mary's Blues, car les êtres féériques ont décidé de se chercher un nouveau médiateur (un humain qui pourrait les représenter auprès des hommes, et raviver les croyances de ceux-ci dans le royaume féérique). C'est Riv qui est en charge de cette mission, et bien sûr Mary va être impliquée (avec notamment une intervention du Kraken au milieu).

Ce qui m'a séduite dans le personnage de Mary, c'est qu'elle n'est pas une femme parfaite. Elle a tout ce qu'elle désire, et pourtant elle n'est pas heureuse. A son travail, elle a une stagiaire avec laquelle elle a beaucoup de mal à maintenir de bonnes relations. Elle se sent mise en danger par les ambitions de sa stagiaire, et réagit assez mal. J'ai trouvé ça très humain (je crois que j'aurais réagi comme Mary), et ça rend Mary attachante. De leur côté, Riv et le voisin de Mary ne sont pas parfaits non plus. Leurs sentiments les poussent à commettre des erreurs, à empiéter sur le territoire de Mary. On trouve les deux sympathiques, attachants, et on se demande lequel choisira Mary sans préférence (en ce qui me concerne) entre les deux.

Ce roman m'a aussi réconciliée (en partie seulement, faut pas abuser ! ^^) avec Paris. Les descriptions de la ville à travers les yeux de Mary et de Riv montrent toute la poésie qu'elle peut receler. Je sais l'auteur amoureuse inconditionnelle de la Capitale, et elle a parfaitement réussi à transmettre cet amour à travers son roman. Chapeau bas !

En conclusion, je me suis laissée portée par ce roman d'urban fantasy, et surtout par son ambiance. Il y a bien quelques petites facilités dans l'intrigue, mais cette plongée dans Paris et dans sa magie mérite le détour !