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mercredi 22 août 2018

Calame T1, Les deux visages, de Paul Beorn

Auteur : Paul Beorn
Année d'édition : 2018
Edition : Bragelonne
Nombre de pages : 450
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture : Après un an de guerre civile, la rébellion contre le "Roi Lumière", le tyran de Westalie, est écrasée dans le sang. Son chef légendaire, Darran Dahl, est tué, ses partisans dispersés ou jetés au cachot.
Parmi eux, la jeune Maura, sa lieutenante. Le célèbre légendier D’Arterac lui propose un marché : son exécution sera suspendue le temps qu’elle lui raconte la véritable histoire du chef rebelle, ce mystérieux guerrier aux origines obscures, que l’on prétendait indestructible.
Mais profitant de ce sursis, Maura prépare peu à peu son évasion pour reprendre la lutte…
Voilà longtemps que je n'avais plus fait de chronique sur ce blog, n'ayant plus le temps de recevoir des services presse. Mais là, je me suis dit qu'il fallait que j'en fasse une. Parce que ce roman est complètement desservi par sa couverture et son (ses) titre, alors que c'est une PUTAIN DE PEPITE de la fantasy !
Vous l'aurez compris, ce roman a été un coup de coeur pour moi et cette chronique a pour but de vous le faire connaître. En espérant qu'elle vous donnera vraiment envie de vous plonger dedans. ;)

Commençons d'abord par ce qui fâche : j'ai nommé la couverture et le choix des titres. Sérieusement, j'en veux à Bragelonne sur ce coup-là. Parlons d'abord de la couverture. Elle n'est pas mal faite, hein, l'illustrateur a un joli coup de crayon et elle annonce au moins qu'il s'agit d'un roman de fantasy. Mais à mes yeux (et les copines avec qui j'en ai parlé pensent pareil), elle n'a rien d'attirant. Un guerrier, une cité médiévale, une femme à cheval vue de loin... Sérieux, Brag', vous osez encore fait des couvertures de fantasy aussi peu intrigantes ? Alors que vous êtes capables de nous sortir de très belles couvertures comme celles des Epées de Glace (et pourtant j'ai laissé tomber ce roman au bout de trois chapitres tant je l'ai trouvé cliché -_- Y a pas de justice au monde de l'édition.) Et puis, c'est quoi ces couleurs pastels en vert et bleu ? Dans le genre "je veux pas attirer l'attention", on fait pas beaucoup mieux. :/
Quant aux titres, une fois qu'on a lu l'histoire, on comprend pourquoi ils ont été choisis. Mais c'est bien là le problème. Une fois qu'on a lu le roman. Avant ça, ils n'évoquent pas grand chose. Calame pourrait être évocateur, mais en fait ça ne correspond pas à ce à quoi vous pourriez penser (ça correspond à un truc super chouette dans le roman pourtant, mais pas vraiment au fait d'écrire, en tout cas pas au sens propre). Quant à "Les deux visages" ? Paul, je sais que tu n'aimes pas mettre des termes tirés de ton univers dans tes titres de roman, mais sérieusement "Les deux visages de Kàn" auraient eu une petite chance de m'intriguer plus, à tout prendre. Et en vérité, y avait des choix plus sympas dans les titres que tu nous avais soumis pour avis sur Cocy. Comme "La marque des mages". Peut-être pas très original pour de la fantasy, mais au moins ça aurait fait son boulot évocateur. En tout cas, personnellement, ça m'aurait attiré bien plus...

Passons maintenant à pourquoi vous devez lire ce roman !
Si je suis passé outre un emballage qui pour un autre m'aurait rebuté, c'est parce que Paul Beorn est un auteur que j'apprécie, notamment depuis ma lecture de son précédent roman de fantasy "Le septième guerrier mage" (qui avait aussi été un de mes coups de coeur). Et puis, s'il y a un truc sur lequel Brag' ne s'est pas trop raté pour ce premier tome de Calame, c'est la quatrième de couverture. Pour le coup, je l'ai trouvée intrigante et au final le livre tient tout à fait les promesses qui y sont faites. :)
Je me demandais comment Paul Beorn allait relever le défi de raconter une histoire dans l'histoire (le récit que Maura fait au légendier D'Arterac). Et bien, avec brio ! C'est avec un naturel troublant (je ne pensais pas que narrativement parlant ça pouvait passer aussi bien) qu'on bascule dans le récit fait par Maura des évènements passés. On les découvre par ses yeux et sa voix, puis par petites touches à travers le témoignage d'autres personnages. Et ce récit a posteriori, c'est le véritable coup de génie de ce roman ! Si Paul Beorn avait raconté les évènements qui amènent à la rébellion de Darran Dahl de manière classique, le roman aurait connu un démarrage lent et mou, peu accrocheur. Comme en pâtissent d'ailleurs beaucoup de romans de fantasy. Mais ici, on connait le point d'arrivée du récit de Maura, et ça change tout. Parce que d'un coup, on ne s'intéresse plus à ce que vont vivre les personnages, mais à comment ils en sont arrivés là (i.e. rebelles ayant perdus leur dernière bataille et leur chef légendaire). Ce qui projette un éclairage très différent sur tout ce que nous raconte Maura. Dès le début du récit, des questions planent (comment de simples villageois sont devenus le coeur d'une armée révolutionnaire ? comment Maura, si jeune, est-elle devenue le bras droit de Darran Dahl ? pourquoi en sont-ils arrivés à s'attaquer à la capitale impériale ? etc.). Et les réponses à ces questions, on les guette dans chaque partie du récit de Maura.
L'autre force de ce roman, c'est l'alternance entre passé et présent. Car le présent est tout autant porteur de tensions, voir plus, que le passé. Plus le temps passe et plus on s'inquiète de savoir si Maura réussira à s'échapper. Mais on s'attache aussi au légendier et au secret qu'il porte. Et on finit par comprendre que le passé n'est qu'un prélude. L'histoire ne s'arrêtera pas à la prison de Frankand.
J'ai aussi adoré les magies qui apparaissent dans ce roman. On ne les découvre que peu à peu, mais quand j'ai fini par comprendre vraiment de quoi il retournait, vers la fin du roman, j'ai trouvé l'idée tout à la fois simple et géniale (surtout pour le calame, même si la magie de Maura est aussi très chouette).

En conclusion, ce roman fait dans la fantasy classique, mais ce n'est nullement un reproche. C'est de l'excellente fantasy épique. On y retrouve tout ce qui fait la saveur de ce genre (du combat, des héros, de la magie sous différentes formes, un tyran à abattre,...). Mais Paul Beorn ne tombe jamais dans les clichés. Il sait donner vie et profondeur à ses personnages et à son univers, avec une saveur particulière. Calame est de ces romans dans lesquels on plonge et qu'on ne voudrait pas avoir à quitter tant on devient familier des personnages et du monde dans lequel ils évoluent.
Il semblerait que ce roman peine à trouver ces lecteurs (Bragelonne s'est aussi raté sur la campagne de lancement -_-). Tout ce que je lui souhaite, c'est que le bouche à oreilles fonctionne ! Et aussi, d'être sélectionné pour des prix (et les gagner !) afin d'obtenir la notoriété et la visibilité qu'il mérite. :)

vendredi 18 septembre 2015

Livres en couleur

En lisant un billet du blog La plume ou la vie (par ici pour le billet en question), j'ai découvert un principe d'article rigolo que j'ai eu envie de reprendre.

Le principe est le suivant : selon les couleurs, une consigne est donnée. Il suffit d'y associer le livre lu y correspondant le plus. Allons-y pour l'exercice !

Bleu - Un livre qui fait rêver
La guerre des rêves, de Catherine Webb. Ce roman est un poil long à démarrer, mais après, à chacune de mes lectures, je n'ai pas pu le lâcher. Il mêle action, magie, humour, batailles et complots. Un vrai régal qui emmène loin de notre vie quotidienne. Et quoi de mieux pour la catégorie "un livre qui fait rêver" qu'un roman se déroulant dans les royaumes des rêves ? :)
Ce roman est méconnu, mais il fait partie de mes gros coups de coeur lorsque j'étais au lycée. A découvrir !
Jaune - Un livre estival
La pentalogie des Ramsès, de Christian Jacq. Parce que j'ai lu et relu ces romans pendant mes vacances, et qu'ils se déroulent en Egypte antique, pays du Dieu Soleil ! Vraiment une série extraordinaire à mes yeux, qui retrace la vie de Ramsès II de son adolescence jusqu'à sa mort. Une grande fresque épique.

Rouge - Un livre dont le héros est devenu l'un de mes favoris depuis
 La trilogie des joyaux, suivi de la Trilogie des périls, de David Eddings. La saga de fantasy numéro 1 dans mon coeur. Non pas à cause de l'histoire, très (presque trop) classique, mais grâce aux personnages, tous géniaux, et notamment le héros : Emouchet. Bien loin des héros qui peuvent me séduire dans les films, séries télés ou BD (Emouchet n'a rien du beau gosse craquant, vu que c'est un chevalier blanchi sous le harnais, au nez cassé et plutôt taciturne). Mais c'est vraiment devenu l'un de mes héros préférés par son humour au second degré et sa relation particulière avec la petite déesse qui mène tout le monde par le bout du nez dans ces deux trilogies. :D

Vert - Un livre me rappelant un évènement heureux/triste
Déchiffrer la trame, de Jean-Claude Dunyach. Jean-Claude nous fit le grand honneur de participer au premier festival GRIMOIRE que nous avons organisé sur le campus de L'INSA de Toulouse. La rencontre littéraire que nous avions organisée avec lui m'a beaucoup marquée en tant qu'auteur, et m'a poussée aussi plus tard à tenter l'expérience de la direction littéraire et direction d'anthologie. Jean-Claude est quelqu'un de vraiment charmant, et le premier auteur auquel j'ai fait dédicacer un livre ! Et les différentes éditions de GRIMOIRE auxquelles j'ai participé dans l'équipe organisatrice restent l'un de mes plus beaux souvenirs de mes années étudiantes. :D (Le festival existe toujours. Si vous êtes sur Toulouse ou la région, n'hésitez pas à y aller si vous aimez les JdR, JdS, tournois Warhammers et soirées enquêtes ! ;) ).

Orange - Un livre qui donne la pêche
 
Rose-thé & gris-souris, de Marie-Catherine Daniel. Pour celui-ci, vraiment aucune hésitation ! Ce livre est juste génial. Un pur concentré d'ondes positives. :D Un de mes plus gros coups de coeur de tous les temps ! (Je l'avais d'ailleurs chroniqué sur ce blog : par ici).
J'ai mis les deux couvertures, celle papier des éditions Les roses bleues, et celle numérique de Milady-Emma, car même si la version papier n'est plus disponible désormais (il me semble), je trouve qu'elle correspond bien mieux au roman.

Violet - Un livre grâce auquel je me suis liée d'amitié avec quelqu'un
La pelote d'épingle, de Cécile G. Cortès. Je connaissais Cécile avant de lire ce roman, mais je crois que c'est suite à mon coup de coeur absolu pour lui lorsque je l'ai bêta-lu que nous sommes véritablement devenues amies. J'aurais remué ciel et terre pour que ce roman soit publié, et je suis ravie qu'il ait trouvé une belle place aux éditions du Chat Noir. Quant à Cécile, j'adore discuter avec elle de nos romans, mais aussi de plein d'autres sujets. Elle m'a notamment confectionné deux jupes qui vont à ravir avec mon corset steampunk. ;)

Noir - Un livre à la couverture sobre qui m'a énormément plu
Geai, de Christian Bobin. Quand vos littératures préférées sont celles de l'imaginaire, comme c'est mon cas, voilà une couleur pour laquelle il a été bien difficile de trouver le roman a y associé. Mais il y en a un qui m'a marqué au point que je connaisse toujours son titre bien des années plus tard. Je serais incapable de dire dans quelles circonstances je me suis retrouvée à lire ce roman, ni ce qu'il raconte vraiment. Je peux juste dire qu'il m'avait fait forte impression à sa lecture. Je sais qu'il m'avait marquée. Et y repenser me donne envie de le retrouver pour le relire... ;)

Blanc - Un livre doux
 Rémiges de cendre, de Julien Chatillon-Fauchez. Pas un livre, mais une nouvelle à l'unité. C'est un texte magnifique, plein de poésie non par la tournure des phrases mais par l'histoire qu'il raconte. Une invitation à savoir préserver ce qui est beau et fragile.

Gris - Un livre qui m'a fait pleurer
Une poignée d'étoiles, de Rafik Schami. Je n'aime pas lire des livres qui font pleurer généralement, car si je lis, c'est pour m'évader et améliorer mon humeur. Dur donc de trouver un livre pour cette couleur. Je me suis finalement souvenue d'un livre lu en cours de français, et qui m'avait beaucoup émue. Un beau livre, parlant avec simplicité d'une réalité pourtant dure. Et un titre magnifique.

Rose - Un livre d'enfance
Jojo Lapin, d'Enid Blyton. (L'ancienne version de la série, joliment dessinée, pas la nouvelle version atroce que je viens de découvrir en cherchant sur le net cette couverture.) La première série de romans à m'avoir donné le goût de la lecture. J'adorais les aventures de Jojo Lapin et de tous les autres animaux qu'il côtoyait !

Et vous, quels livres associeriez-vous à ces couleurs ? :)

samedi 2 mai 2015

L'assassin Royal, Deuxième Epoque 1

Auteur : Robin Hobb
Année d'édition : 2015
Edition : J'ai Lu
Nombre de pages : 1037
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture : 
Au début de ce troisième tome, quinze ans ont passé... Loin de la cour, et le cœur blessé, Fitz s'est retiré dans une chaumière isolée avec son unique et fidèle ami, le loup Oeil-de-nuit. Mais des visiteurs inattendus viennent le troubler dans cette retraite.
Umbre, son vieux mentor, Astérie, la ménestrelle et accessoirement sa maîtresse, et le fou. Tous trois le supplient de revenir à la citadelle de Castelcerf où règne Kettriken pendant la minorité de son fils. Ce dernier, le prince Devoir, a mystérieusement disparu. En acceptant de partir à sa recherche pour le ramener au château de ses aïeux, Fitz s'engage dans de nouvelles aventures. Car le prince a été envoûté par une secte qui poursuit de sombres visées sur le royaume et menace de déclencher une terrible guerre civile. A nouveau, le bâtard, déguisé sous les habits d'un valet, est donc conduit à servir, jusqu'au péril de sa vie, des princes auxquels l'attachent les liens du sang. Et, pour faire face aux menaces qui surgissent de toutes parts, il doit se démultiplier sans jamais pouvoir trouver le repos auquel ses années de service lui donneraient pourtant droit.


Je remercie le forum Mort Sûre et les éditions J'ai Lu pour ce partenariat.

C'est avec grand plaisir que j'ai retrouvé Fitz, Oeil-de-nuit et leurs compagnons !
J'oserai même dire que j'ai pris plus de plaisir sur le début et la fin de cette intégrale (pour des raisons différentes) que sur toute la première époque de l'Assassin Royal. Ce que j'ai vraiment apprécié dans cette intégrale ? Fitz est désormais adulte, il a eu le temps de se construire sa vie à lui, au calme, d'en profiter, et même d'élever un jeune garçon qu'il a recueilli, Heur. Et ça, ça change tout lorsqu'il repart à l'aventure. Dans le premier cycle je trouvais profondément injustes toutes les difficultés et tous les malheurs qui tombaient sur le jeune Fitz alors qu'il n'avait pas eu la possibilité d'avoir sa vie, de faire ses choix. Du début à la fin, il essayait désespérément de survivre alors que tous les évènements se liguaient pour le détruire. Dans ce deuxième cycle, la dynamique du personnage change profondément. Il est toujours lié par son sang et ses devoirs, mais il n'en est plus esclave. Il a construit sa vie, a eu droit à des années d'un bonheur certes imparfait, mais simple et tranquille. Et s'il voulait vraiment dire "non", il le pourrait sans que ça menace sa vie. Bien sûr, son destin est toujours difficile, jamais vraiment le sien. Mais la marge de manoeuvre qu'il acquiert, grâce à sa maturité et au respect que lui porte la reine Kettricken, donne à son personnage plus d'ampleur et de responsabilités je trouve.

Dans cette intégrale, on peut distinguer deux parties bien différentes à mes yeux. La première, qui constitue les deux tiers du livre (en fait le roman Fool's errand en anglais), a une intrigue bien plus pauvre que tous les autres tomes que j'ai pu lire jusqu'à présent de l'Assassin Royal. Un seul ennemi, pas de véritable complot politique ou de mystère à éclaircir, une action unique qui consiste à retrouver le prince Devoir et le ramener à Castelcerf, une fin facile. Cette partie serait très décevante si elle n'était pas largement rattrapée par un autre aspect : les liens entre les personnages. Dans l'Assassin Royal, les personnages sont toujours bien travail, avec des caractères intéressants et une histoire riche. Mais durant tout le premier cycle, à cause de sa fuite en avant perpétuelle, Fitz ne prend jamais vraiment le temps de connaître ses compagnons et de travailler ses relations avec eux. Pour la première fois, j'ai trouvé ici que la légèreté de l'intrigue offrait la place au développement de ses liens entre personnages, et les rendait d'autant plus attachants. Le Fou et Fitz se retrouvent après quinze ans sans se voir. Oeil-de-nuit se fait vieux, et on sent toute l'évolution qu'il y a eu dans sa relation avec Fitz en quinze ans. Ce trio a enfin le temps de se côtoyer, de travailler et d'avancer ensemble. Et sans que le danger soit directement pour eux. Il y a plus de douceur alors dans leurs relations.

Dans la deuxième partie, les intrigues politiques et les mystères reviennent sur le devant de la scène. Les liens entre les personnages n'ont plus le temps d'être travaillés, mais peu importe ! L'action s'accélère, les découvertes s'enchainent, soulevant toujours plus de questions. La situation se complexifie de page en page, pour notre plus grand plaisir ! A la fin de cette intégrale, qui n'est que la première sur deux pour la deuxième époque de l'Assassin Royal, on meurt d'envie de savoir la suite. Tous les mystères, toutes les questions que Robin Hobb y a placés me séduisent encore plus que le cycle de la première époque. A la fois car leur horizon s'étend désormais plus loin, mais aussi car à nouveau le danger ne pèse plus directement sur Fitz. Il n'en reste pas moins un élément central dans les intrigues qui se nouent autour de la cour, mais cette (quasi) absence de danger immédiat nous permet de vivre les évènements plus sereinement je trouve. Et du coup, de savourer d'autant mieux les mystères et les complots. Que cachent vraiment les outrîliens, et surtout leur narcheska ? (j'ai ma petite idée sur la question, je verrai bien si elle se révèle exacte...) Sur quoi va aboutir l'arrivée des ambassadeurs de Terrilville, et en quoi cela va-t-il chambouler les Six-Duchés ? Ce que j'adore dans cette deuxième partie de l'intégrale, c'est qu'elle nous promet qu'on va en apprendre plus sur toutes les magies qui régissent le monde de l'Assassin Royal. Et peut-être arrivera-t-on aussi à en savoir plus sur le Fou ?

En conclusion, voici une suite que je trouve totalement à la hauteur du premier cycle, voir meilleure encore ! Si vous vous êtes arrêtés à la fin du premier cycle, lisez-la !

Merry Gentry 9, Frisson de Lumière

Auteur : Laurell K. Hamilton
Année d'édition : 2015
Edition : J'ai Lu
Nombre de pages : 510
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture : 
« Depuis que la nouvelle de ma grossesse s'est répandue, tous les nobles de la Féerie se précipitent à ma cour dans l'espoir que je fasse des miracles pour vaincre leur stérilité. Pourtant, entre la recherche de subsides et l'arrivée imminente des jumeaux, j'ai comme qui dirait d'autres préoccupations. L'une d'elles porte le nom de Taranis : non content d'avoir abusé de moi, le Roi de la Lumière et de l'Illusion revendique haut et fort la paternité de l'un des enfants. Bien que je sois sûre qu'il se trompe, il va falloir que je trouve un moyen de l'empêcher de nuire. Définitivement. »


Je tiens à remercier le forum Mort Sûre et les éditions J'ai Lu pour cette découverte.

Je tiens avant tout à préciser que je n'avais lu aucun autre tome de Merry Gentry avant de me lancer dans celui-ci. Mon avis sur ce tome 9 sera donc d'un point de vue bien différent de quelqu'un qui aurait lu toute la série. Heureusement pour moi, les références aux tomes passés et les explications sur les évènements qui s'y sont déroulés sont nombreuses. Je n'ai donc guère eu de mal à me plonger dans l'univers de cette série.

Comme je l'espérais pour une série de bit-lit, Merry Gentry est une bonne lecture "popcorn" (pour reprendre le nom donné par une amie chroniqueuse). Comme le popcorn, cela se dévore facilement, ça fait passer un bon moment sans prise de tête.
Au début de ce tome 9, Merry accouche, et l'intrigue principale du roman va tourner autour de la protection de ses enfants et de leur intégration au monde de la féérie. Pour de la bit-lit, je m'attendais à beaucoup d'action et de rebondissements. Au final, ce n'est pas le cas dans Merry Gentry (en tout cas dans ce tome-ci). Il ne se passe en fait pas grand-chose durant ce tome 9, les choses avancent calmement. Mais la lecture n'en est pas pour autant ennuyeuse. La grande galerie de personnages, tous aussi intéressants les uns que les autres, y est pour beaucoup. J'ai trouvé l'univers féérique de Merry Gentry très bien construit, et c'est une des grandes richesses de ce roman. On a envie d'en apprendre plus sur tous les peuples, toutes les magies, toutes les règles qui régissent les deux cours de la féérie.

J'ai beaucoup aimé Merry. Elle est entourée d'hommes beaux, grands et forts, mais c'est elle qui reste aux commandes malgré son 1m50. C'est elle la princesse de féérie, et elle a vraiment un caractère de dirigeante. Toutefois, elle ne tombe pas non plus dans la caricature inverse de la femme forte qui n'accepte aucune aide. Elle sait reconnaître les moments où elle doit accepter la protection de ses compagnons, sans pour autant à ce moment-là devenir une petite princesse en détresse. Elle est juste consciente de ses limites.
J'ai aussi aimé détester sa tante, la reine des Unseelies. Puis finalement la trouver un peu plus sympathique qu'au premier abord (surtout en comparaison de son oncle le roi des Seelies, qui est lui véritablement fou).
Dans les compagnons de Merry, je crois que ma préférence va à Mistral (le plus ténébreux du lot dans ce tome 9).

Deux points m'ont un peu déçue :
- les scènes hot. Elles sont plutôt bien écrites, mais je n'ai pas du tout vu leur intérêt par rapport à l'intrigue de ce tome.
- la question centrale de tout ce tome : "qui sont les vrais pères de chaque enfant ?", ne trouve même pas de réponse avant la fin du tome. J'ai trouvé dommage que le tome ne soit pas construit autour d'un véritable arc narratif complet, et que cette porte ne soit pas refermée à la fin.

En conclusion, j'ai tout de même passé un très bon moment avec ce tome 9, malgré mon ignorance du reste de la série. De ce que j'ai pu en apercevoir, l'univers de Merry Gentry mérite qu'on le découvre, ne serait-ce que pour la richesse de son background, très bien construit !

jeudi 12 mars 2015

Et je danse, aussi

Auteurs : Jean-Claude Mourlevat & Anne-Laure Bondoux
Année d'édition : 2015 (mars)
Edition : fleuve edition
Nombre de pages : 280
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Retiré dans la Drome et esseulé depuis le départ inexpliqué de son épouse, Pierre-Marie reçoit un jour une épaisse enveloppe contenant un manuscrit envoyé par l'une de ses lectrices, Adeline. Sans ouvrir le pli, il lui répond. Une correspondance s’engage, en cette année 2013, qui durera huit mois, de février à octobre. Au fil de leurs échanges, un lien intime s’établit. Ils composent librement, avec leur réalité, leur personnalité, leurs zones d'ombre. Ils s’inventent une vie. Car la leur s’est arrêtée quelques années plus tôt. Pierre-Marie et Adeline ont en effet une histoire en commun, mais qui ne leur appartient pas, et dont Pierre-Marie ne sait rien encore. Le mystère reste prisonnier de l’enveloppe expédiée par Adeline. Plus les lettres se précisent, plus elles effleurent la vérité qui dort dans ces pages… et des personnages depuis longtemps oubliés reprennent vie et entrent dans la danse.

Je remercie Fleuve Edition et le forum Mort Sûre pour ce partenariat.

Lorsque je me suis lancée dans cette lecture, je dois dire que je ne m'attendais pas à quelque chose d'aussi... actuel. La quatrième de couverture parlait d'échange épistolaire et de mystères reliant les personnages. Je crois que du coup, je m'attendais à quelque chose d'assez romancé. Au final, on est loin de cet aspect romancé, on se retrouve plus face à ce que j'ai envie d'appeler du style "faits divers". Pas dans un sens négatif, mais dans un sens "vie réelle" (même si ce roman n'est pas une biographie/autobiographie).

Tout ça pour dire que ce roman m'a quelque peu déstabilisée. L'échange épistolaire est en fait un échange de mails, et les auteurs en ont volontairement enlevé le côté "posé" que peut avoir une correspondance par lettres pour lui donner un aspect plus brut, plus instantané. Je pense que ce style actuel plaira à bon nombre, mais en ce qui me concerne je l'ai un peu regretté. Je suis plutôt de la vieille école, ce que j'aime justement dans un échange épistolaire, c'est qu'il laisse le temps de réfléchir à ses propos, de se relire, d'amener les choses proprement. Dans "Et je danse, aussi", les personnages utilisent parfois de très belles expressions, font de très belles descriptions, mais la majorité du temps j'avais l'impression que leurs mails sonnaient un peu faux. Soit parce qu'ils étaient trop spontanés, soit au contraire parce qu'on sortait de cette spontanéité pour soudain passer à de longues explications. Ce mélange mal équilibré m'a un peu trop donné l'impression de voir les auteurs tirer les ficelles derrière, tantôt pour créer volontairement le mystère (ex : un personnage parle à peine d'un évènement avant de dire "mais je vous en parlerai peut-être en détail une autre fois"), soit pour le maintenir ("Non, non, je ne veux pas vous en dire plus."), soit pour décider enfin de le lever ("Je ne sais pas pourquoi, ce soir je me sens d'humeur à vous raconter ce qu'il s'est passé ce jour-là"). (Ce ne sont pas des citations exactes du roman, mais un équivalent de ce que j'ai eu l'impression de lire.)

"Et je danse, aussi" raconte des faits en apparence banals : un écrivain qui ne trouve plus l'inspiration depuis que sa dernière femme a mystérieusement disparu, mais qui profite encore de toute sa tribu familiale ; une lectrice qui par les aléas de la vie s'est retrouvée à avoir l'impression d'être enfermée dans un trou perdu, et de devoir tout changer à sa vie pour recommencer à vivre. Le roman parle de famille, de couple, de naissance, de mort, de divorce, de remariage. De la vie d'aujourd'hui, voilà tout. Le mystère qui plane, c'est le lien qui unit Pierre-Marie et Adeline. J'espèrais que ce mystère et sa révélation mettraient de la magie dans l'histoire de Pierre-Marie et Adeline. Mais ce n'est pas le cas. On reste sur du "fait divers" pur et dur.

"Et je danse, aussi" n'a donc pas correspondu à mes attentes et aux lectures que j'aime (celles qui permettent de s'évader du quotidien et de rêver). Toutefois, il a quand même su m'émouvoir (et même me faire verser une petite larme), et m'accrocher au mystère qui porte une bonne partie de l'histoire. Les plumes des deux auteurs sont vives et agréables. Et je pense que c'est un roman qui plaira beaucoup à tous les lecteurs qui affectionnent le contemporain "quotidien". Pas un coup de coeur pour moi, donc, mais je pense que c'est simplement parce que je ne fais pas partie du bon public pour ce roman.

vendredi 13 février 2015

Mort Sûre recrute des chroniqueurs de Service Presse

Mort Sûre est une très chouette communauté, très familiale car assez restreinte, et qui propose l'opportunité de recevoir des livres gratuitement (ou presque : il faut juste payer les frais de port) en échange d'une chronique. Depuis que je fréquente ce forum, j'ai fais de très belles découvertes grâce à ces partenariats ! C'est donc avec plaisir que je relaie l'appel à chroniqueurs que lance le forum. :)
Mort Sûre, c’est avant tout une communauté de lecteurs, fondée par Aurélie, alias Louve, une jeune femme dynamique qui a su développer des partenariats avec de nombreux éditeurs au fil des ans.

La communauté a fêté son 6ème anniversaire. Dans son état actuel, elle comporte :
- Un portail
- Un blog
- Un forum

Le forum, c’est son cœur. En effet, malgré ce que pourrait laisser entendre le jeu de mot autour de son nom, Mort Sûre est une communauté très vivante : discussion autour des lectures, challenges et défis, lectures communes, swaps, discussions autour d’autres médias, etc.
Les membres actifs sont avant tout des lecteurs éclectiques, curieux, car tous les genres littéraires sont représentés sur le forum, sans aucune limite.

En quoi consistent les partenariats avec les éditeurs ?

Ces partenariats prennent la forme de Services de Presse, c'est-à-dire de titres que les éditeurs confient à l’équipe qui manage la communauté, pour qu’ils soient ensuite confiés à des lecteurs volontaires, lus et chroniqués.
C’est du gagnant-gagnant :
- Les chroniqueurs ne payent que les frais de port des titres qu’ils reçoivent
(= aucun, s’il s’agit de romans électroniques)
- Editeurs et auteurs gagnent en visibilité sur leurs œuvres, car les chroniques sont communiquées sur le forum, le blog associé, ainsi que sur tout support à disposition des chroniqueurs (blog, youtube, facebook, autres forums / communautés, etc)

Actuellement, Mort Sûre ayant acquis au fil des années la confiance de ses partenaires, elle reçoit un flux constant de Services de Presse. Le noyau dur de ses chroniqueurs aurait besoin de renforts pour tout absorber dans des délais raisonnables et ainsi maintenir la qualité des retours qui font la réputation de la communauté.
En effet, si elle reçoit une moyenne de 11 titres par mois depuis sa création, rien qu’en janvier 2015, elle en a reçu 26 !
Pour vous donner une petite idée, voici le fil qui récapitule tous les SP reçus par la communauté, éditeur par éditeur.
Il y en a pour tous les goûts, dans tous les genres.
Ça laisse rêveur, non ?

Comment devient-on chroniqueur ?
Vous souhaitez intégrer l’équipe des chroniqueurs de Mort Sûre pour profiter des partenariats ?
Il suffit de suivre quelques petites instructions…
- S’inscrire sur le forum.
- Lire le règlement de la communauté, le « signer » en laissant une bafouille sur le fil pour signaler qu’on est bien passé par là… et l’appliquer, bien sûr !
- Se présenter en suivant la fiche type si on n’est pas très inspiré.
- Participer, participer et participer encore ! au minimum un mois ! Pour cela, naviguez sur le forum, découvrez les retours de lecture déjà en ligne, discutez avec les autres lecteurs, bref, faites votre place.

A ce stade, vous êtes toujours motivés ?

- Lisez attentivement le règlement des partenariats, comme pour celui du forum, il faut le « signer » en laissant une bafouille sur le fil pour signaler qu’on est bien passé par là… et l’appliquer, bien sûr !
- Attendre la validation de l’équipe de modération.
- (faire la fête)
- Surveiller régulièrement le fil qui présente les partenariats du moment, afin de ne pas passer à côté de l’occasion de recevoir un titre qui vous tape à l’œil.

Quelles sont les obligations des chroniqueurs ?

Forcément, il y en a quelques-unes.
La première étant la capacité à rédiger une chronique respectueuse de l’auteur et de son œuvre, argumentée, dans un français correct.
L’ensemble des obligations sont expliquées dans le règlement des partenariats :
- Payer les frais de port quand il y a en a.
- Prévenir dès que l’on a bien réceptionné le SP.
- Rendre ses chroniques dans les délais.
- Prévenir dès que possible l’équipe de modération s’il y a le moindre souci, en particulier si on n’accroche vraiment pas le titre reçu afin de trouver une solution
- Ne pas faire le mort quand il y a un problème.
- De temps en temps, se positionner sur un titre dont on n’a pas forcément envie, parce qu’on sait bien que certains sont plus convoités que d’autres… pourtant on peut avoir de belles surprises en découvrant des ouvrages dont on n’avait pas forcément envie spontanément.

A contrario, quels sont les avantages des chroniqueurs ?

Si les modalités d’accès peuvent paraître un peu contraignantes de prime abord, on s’y habitue très vite, ça roule, ça tourne bien et ça apporte plusieurs avantages !
- Le choix de se positionner de façon très libre sur un partenariat donné : pas d’obligation !
- Payer uniquement les frais de port, sur des romans pouvant parfois coûter plus de 20 €, ce qui n’est pas négligeable côté budget quand on est un « gros » lecteur.
- Découvrir des titres, des auteurs, vivre de vrais coups de cœurs à côté desquels on aurait pu passer.
- Echanger avec les autres membres de la communauté, dans une ambiance saine et cordiale.
- Se crêper joyeusement le chignon avec les membres qui veulent les mêmes titres que vous, très très fort… et les féliciter s’ils les remportent, car vous savez que la prochaine fois, c’est vous qui serez privilégiés !

Tentés de rejoindre la communauté Mort Sûre ? Ses membres vous accueilleront à bras ouverts !
Vous verrez, ils ont du mordant !...

lundi 9 février 2015

Warbreaker

(J'avais publié cette chronique sur le forum de Mort Sûre, mais prise par mes différentes activités, j'avais oublié de la publier ici. Je répare donc mon oubli !)


Auteur : Brandon Sanderson
Année d'édition : 2012
Edition : Orbit
Nombre de pages : 547
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Voici l'histoire de deux sœurs, Vivenna et Siri.
L'histoire du Dieu-Roi que l'une d'entre elles doit épouser, et de Chanteflamme, un autre Dieu qui n'aime pas son travail. Celle aussi de Vasher, un immortel qui tente de réparer les erreurs qu'il a jadis commises, et de Saignenuit, sa mystérieuse épée. Dans leur monde, celui qui meurt auréolé de gloire devient un dieu. Il vit dans le panthéon de la cité d'Hallandren, et utilise la magie biochromatique, la magie du Souffle. Un Souffle qu'on ne peut récupérer qu'une fois, sur un individu à la fois.
Je tiens à remercier Le Livre de Poche et le forum Mort Sûre pour ce partenariat, qui fut une très belle découverte.
Je me suis intéressée à ce roman parce qu'on me l'avait chaudement recommandé, en me disant qu'il ne fallait pas passer à côté. Mais lorsque je l'ai reçu, et que je me suis aperçue qu'il faisait plus de 900 pages, j'avoue avoir un peu pris peur. Puisque c'était un partenariat, je m'étais engagée à le lire, et en plus à le lire en un mois. Ca faisait quand même un sacré pavé...
Du coup (c'est d'une logique implacable...) j'ai laissé trainer plusieurs jours avant de me décider à l'attaquer. Dès les premières pages, je n'ai plus pu le lâcher !

En quelques scènes, l'auteur nous plonge dans son univers, dans les évènements en cours, auprès de chacun des personnages de ce roman choral. On suit essentiellement Siri, jeune princesse qui va épouser le Dieu-Roi alors que ce n'était pas elle qui y était destiné ; Vivenna, sa grande soeur qui devait à l'origine épouser le Dieu-Roi et qui décide d'aller sauver sa soeur de ce mariage ; Chanteflamme, le Rappelé (il est revenu d'entre les morts) qui a un statut de dieu mais ne croit pas à sa propre nature divine ; et dans une moindre mesure Vasher, le plus mystérieux du lot, qui a une mission à mener à bien mais on met longtemps avant de savoir de quoi il retourne.
Les personnages sont tout de suite très vivants, on s'attache facilement. Les enjeux sont aussi rapidement présentés : Hallandren est sur le point de déclarer la guerre au petit royaume de Siri et Vivenna, mais il y a aussi des complots qui se trament à l'intérieur même des palais des Dieux. Grâce à ça, on est ainsi directement plongé dans l'intrigue et complètement happé par l'histoire que nous propose l'auteur.
Là où je me suis faite surprendre, c'est qu'arrivée à la moitié du roman, je ne m'étais absolument pas ennuyée, je n'avais pas vu défiler les 450 pages, mais quand je réfléchissais à cette première moitié du roman, j'avais l'impression qu'il ne s'était pas encore passé grand chose et je me demandais quand est-ce que l'action allait se lancer (et je trouvais aussi que c'était étrange qu'à la moitié du roman ça n'ait toujours pas débuté). J'ai fini par comprendre que ce que j'attendais depuis le début, c'était la guerre. Parce que dans tous les romans de fantasy, les héros partent généralement à l'aventure, que ce soit pour une quête ou pour la guerre. Or, depuis le début de Warbreaker, les quatre personnages centraux restaient à la capitale de Hallandren, ils ne partaient pas "à l'aventure". C'est à ce moment-là que je me suis rendue compte que Warbreaker n'était pas un roman de fantasy classique. Il ne racontait pas des combats et des guerres. Il raconte l'avant-guerre, cette période où tout peut encore se jouer entre guerre ou paix. Le coeur du roman, ce sont les manigances des uns et des autres pour pousser dans un sens ou dans l'autre. Et la question finale n'est pas de savoir qui va gagner la guerre, mais si la guerre va avoir lieu ou non.
Je me suis attachée au sort de Siri, à cette jeune fille propulsée reine d'un peuple qu'elle ne connait pas, sans y avoir été préparée, mariée à un dieu qui a tout pouvoir en son royaume. Elle va se révéler forte et prendre son destin en main, tout en découvrant le destin des dieux-rois d'Hallandren.
Les passages concernant Vivenna, qui organise la rébellion dans les bas-fonds de la capitale hallandren, m'ont parfois parus un peu trop longs, parce que j'avais envie de revenir à l'histoire de Siri (ou à celle de Chanteflamme). Vivenna me touchait beaucoup moins que sa soeur, car elle est finalement bien plus égoïste.
J'ai adoré Chanteflamme, ce dieu qui ne croit pas à sa propre divinité. Je plaignais son grand prêtre, qu'il n'arrêtait pas d'embêter. Chanteflamme passe son temps à être le plus inutile possible, pour convaincre enfin les gens qu'il n'est pas un dieu puisqu'il ne sert à rien. Son personnage est très rafraîchissant.
Vasher enfin est très intriguant, très mystérieux. On a du mal à savoir de quel côté il se trouve, jusque tard dans l'histoire, car on ne sait pas quelles sont ses motivations.

Là où l'auteur est très fort dans ce roman, c'est pour les faux-semblants, pour nous faire croire quelque chose et finalement nous démontrer qu'on s'était complètement trompé. Ca fonctionne très bien durant les trois-quarts du roman et ça nous réserve plein de surprises. Ensuite, on commence à trop se méfier, à se dire que rien n'est ce qu'il paraît être, et les retournements de situation nous prennent donc moins par surprise.

Cela n'empêche pas de se régaler avec ce roman jusqu'au bout, sans voir passer ses 900 et quelques pages. Un vrai bon moment de lecture, une fantasy qui adopte un autre point de vue, avec une écriture parfaitement maîtrisée.
Je vous donnerai donc le même conseil que celui que j'ai reçu : découvrez ce super roman !

samedi 24 mai 2014

L’assassin royal - 1 Première époque



Auteur : Robin Hobb
Année d'édition : 2014
Edition : J'ai Lu
Nombre de pages :
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Au royaume des Six-Duchés, dans l’inquiétant décor d’une forteresse battue par les vents et les flots, Fitz, un jeune garçon issu d’une lignée royale, fait à la cour le rude apprentissage de la vie. Un maître d’écurie, étrange et bourru, lui prodigue conseils et affection ; un vieux sage, isolé au sommet d’une tour, l’initie à la délicate perception du Bien et du Mal ; des molosses qui l’ont adopté lui apportent réconfort et protection. Commence alors pour le jeune homme un long voyage initiatique semé d’embûches et de trahisons. Un voyage sans retour au bout de l’angoisse, de l’amour, de la désespérance. Confronté aux cruelles exigences de la loyauté, existe-t-il pour lui une autre voie que celle du sacrifice ?

Je remercie les éditions J'ai Lu et le forum Mort Sûre pour ce partenariat, qui m'a permis de combler une lacune de ma culture de fantasy.

L'assassin Royal fait partie des monuments de la fantasy. Pas évident du coup d'en faire une chronique. Pas évident non plus de savoir pourquoi je ne l'avais jamais lu jusqu'à présent...

Je m'attendais à beaucoup d'action. C'est finalement beaucoup d'intrigues politiques que j'ai trouvées dans cette intégrale des trois premiers tomes parus en français. Et ce n'est pas pour me déplaire ! Une grande partie des évènements se déroulent en quasi huis-clos à Castelcerf, le château royal. De saison en saison, on y voit grandir Fitz, bâtard de sang royal que le roi a décidé de former aux arts de l'assassinat. Il y a beaucoup de moments de vie, ce qui pourrait devenir ennuyeux, mais on se retrouve complètement accrochés car Fitz n'est jamais à l'abri. En tant que bâtard, son avenir n'est jamais certain. Tant qu'il se montrera utile, il vivra, mais si le roi ou les héritiers du trône trouve qu'il devient une gêne pour la royauté, on le fera disparaître. Robin Hobb sait mêler avec talent les difficultés du statut de Fitz aux évènements qui chamboulent le royaume. Les pirates rouges ravages les côtes, sans que les forces du roi n'arrivent à s'opposer à eux. Du coup, peu à peu, on craint autant pour l'avenir de Fitz que pour l'avenir du royaume.

Le récit à la première personne, sous forme de flashback, nous assure que Fitz va survivre, mais on ne sait pas dans quelles conditions. Et on ne sait rien de ce que va devenir le royaume. Du coup, la tension fonctionne très bien, on a envie de savoir où tout cela va aboutir.
Certains personnages sont très attachants. Fitz, bien sûr, mais aussi le prince Vérité ou encore le fou. Pour eux, on a envie que la situation du royaume s'améliore, on a envie que les méchants cessent de leur pourrir la vie, qu'ils n'ont déjà pas facile. La reine Kettricken m'a aussi beaucoup touchée, car elle incarne ce que devrait être idéalement la royauté.

Il y a beaucoup de belles trouvailles dans cet univers de fantasy, et notamment le Vif et l'Art, deux formes de magie qui vont jouer un rôle très important dans la vie de Fitz. La "forgisation", ce que font subir les pirates rouges aux prisonniers qu'ils relâchent dans le royaume, est aussi un acte magique très intriguant et inquiétant. C'est une menace extrêmement forte et atypique, qui diabolise les pirates rouges et en fait bien plus que de simples pirates.

Seul petit point négatif pour moi dans cette première intégrale : l'histoire d'amour entre Fitz et Molly, la chandelière. Il est... logique. Mais je n'avais qu'une envie, c'est que leur histoire s'arrête, car elle empêche Fitz de prendre les bonnes décisions pour sa survie. Du coup, j'ai moins apprécié toute la partie où elle se déroule.

Cette intégrale a été bien cogitée je trouve, car elle a une unité et se termine à un tournant très fort dans l'histoire de Fitz. C'est donc avec hâte que j'attends désormais de pouvoir lire la suite !

jeudi 1 mai 2014

Widdershins, Tome 1 : Le Pacte de la Voleuse




Auteur : Ari Marmell
Année d'édition : 2014
Edition : Lumen
Nombre de pages :
Public visé : Young Adult
Quatrième de couverture :
Dans une autre vie, elle s’appelait Adrienne Satti, mais à présent, elle n’est plus que Widdershins. Gamine des rues, devenue noble, puis voleuse – la vie ne l’a pas épargnée. Orpheline très jeune, elle a connu la pauvreté et le luxe les plus extrêmes. Revenue aux ruelles sombres d’où elle était sortie, elle est désormais considérée comme l’une des voleuses les plus intrépides... Mais ses talents suffiront-ils à la sauver de la ténébreuse conspiration qui ronge inexorablement les entrailles de la cité de Davillon ? Découvrez Widdershins, l’aristocrate devenue voleuse, qui connaît mille façons de couper une bourse et autant de charmer ducs et barons dans les salons de la noblesse !

Un grand merci aux éditions Lumen et au forum Mort Sûre pour cette super découverte !

Le roman s'ouvre sur une scène plutôt sanglante, mais qui nous place bien les enjeux. Widdershins, l'héroïne, après avoir vécu comme une aristocrate, va devoir retrouver une vie de l'ombre pour échapper aux accusations qui pèsent sur elle. On plonge tout de suite dans l'ambiance, dans la tension et dans le rythme de ce roman.
La scène suivante, on retrouve Widdershins quelques années plus tard, devenue une voleuse expérimentée qui, il faut bien l'avouer, est aidée dans ses larcins par son dieu personnel. On découvre là la particularité de l'univers que nous propose l'auteur : l'ambiance est très proche de notre renaissance, à ceci prêt qu'un grand nombre de dieux existent et sont vénérés. Et ces dieux influencent parfois la vie des mortels. Celui de Widdershins est tout de même particulier, puisqu'il est en permanence avec elle. Ces "interventions divines" sont la seule forme de magie dans le roman, mais elles sont bien gérées et la relation entre Widdershins et son dieu est juste délicieuse.

Durant le roman, le présent et le passé alternent, nous permettant de découvrir peu à peu l'histoire de Widdershins, de comprendre comment elle en est arrivée là et quels sont les enjeux dont elle n'a parfois même pas conscience. J'ai trouvé que les flashbacks étaient très bien gérés par l'auteur pour maintenir la tension tout au long de son roman. L'héroïne est dès le départ très attachante, mais elle le devient encore plus lorsqu'on découvre toutes les épreuves qu'elle a traversé.

La galerie de personnages secondaires est tout aussi plaisante, apportant aux péripéties et complétant bien le personnage de Widdershins. L'intrigue peut paraître un peu facile d'un point de vue de lecteur adulte, mais je crois que je l'aurais totalement adoré si j'avais lu ce roman adolescente ! En tout cas, l'action est au rendez-vous, et ce pour notre plus grand plaisir.

Enfin, je tiens à souligner la qualité de la langue employée par l'auteur. Bien que ce soit un roman pour adolescents, le vocabulaire est très riche, sans que les tournures de phrase soient lourdes pour autant. Les éditions Lumen promettaient des romans pour la jeunesse, mais écrits dans une langue de qualité, et l'engagement est totalement tenu ! J'ai été ravie de trouver enfin un roman jeunesse qui ne prenait pas les jeunes pour des analphabètes incapables de comprendre et d'apprécier des mots compliqués/recherchés. Comment les jeunes pourraient-ils enrichir leur vocabulaire si tous les romans qui leurs sont dédiés restent sur du vocabulaire restreint ?

En conclusion, si vous aimez les voleurs, les ambiances Renaissance, l'action et les romans bien écrit, jetez-vous sur Widdershins ! Vous ne serez pas déçu.
Et moi, je crois que je vais remettre le couvert avec d'autres publications des éditions Lumen...

lundi 21 avril 2014

Aucun homme n'est une île








Auteur : Christophe Lambert
Année d'édition : 2014
Edition : j'ai lu
Nombre de pages : 288
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Avril 1961. Le président Kennedy retient in extremis le débarquement des troupes antirévolutionnaires à Cuba : le fiasco de la Baie des Cochons n'aura pas lieu. Quelques mois plus tard, mieux préparés militairement, les Américains parviennent à envahir l'île et à renverser le régime castriste. Le Líder Máximo et ses troupes se retranchent dans les montagnes imprenables de l'Escambray, et la guérilla reprend.
Ernest Hemingway, qui ne s'est pas suicidé au cours de l'été 1961, voit là une occasion unique de réaliser le scoop de sa vie : une interview de Castro et Guevara in situ. Accompagné par un faux photographe/véritable garde-chiourme de la CIA, cigare entre les dents et fusil en bandoulière, l'auteur de Pour qui sonne le glas reprend les sentiers de la guerre...

Même si la rencontre ne s'est pas faite, je tiens à remercier le forum Mort Sûre et les éditions J'ai Lu pour ce partenariat.

"Aucun homme n'est une île" est une uchronie à court terme, basée sur deux hypothèses : les américains ont réussi à débarquer à Cuba et à forcer Fidèle Castro à repartir dans la forêt ; et Hemingway ne s'est pas suicidé juste avant et à décider d'aller interviewer Castro en tant que reporter de guerre. L'histoire du roman se déroule donc juste après la "bifurcation historique" par rapport à la réalité. La narration suit en alternance deux fils différents : Hemingway d'un côté, les guerilleros de l'autre (Castro, Che Guevara...). Le tout dans une ambiance de pays occupé.

A la base, le contexte historique de ce roman ne fait pas partie de ceux qui m'attirent le plus. J'ai toutefois postulé pour ce partenariat pour deux raisons :
- J'avais entendu parlé de l'auteur, Christophe Lambert (pas l'acteur, l'écrivain), en bien.
- J'ai déjà eu l'expérience de romans où l'histoire et la plume de l'auteur ont réussi à me réconcilier avec des périodes qui ne me plaisaient pas du tout a priori ("Black Out", par exemple).
Je me disais donc "Ce n'est pas un roman vers lequel j'irais naturellement dans une librairie, mais c'est peut-être justement l'occasion de faire une belle découverte en sortant de mes sentiers battus".
Eh bien, pour le coup... raté.

Je n'ai même pas réussi à aller jusqu'au bout. Tout juste ai-je dépassé les 100 premières pages, et donc le tiers du roman. J'ai essayé plusieurs fois de m'y replonger, espérant que l'histoire finirait par m'agripper et me donner envie de le lire jusqu'au bout. Mais systématiquement, au bout de quelques pages, j'avais envie de le reposer.
Cela tient essentiellement au style de l'auteur. Je l'ai trouvé très froid, très sec. Je ne me suis pas retrouvée plongée dans les ambiances qu'il décrivait, et je suis encore moins entrée en empathie avec les personnages. Voir même, pour le personnage de l'agent de la CIA, je n'y ai pas cru du tout.
Certains dialogues sont caractéristiques de ce style sec et impersonnel. Voici un extrait du dialogue de la rencontre entre Hemingway et Robert Stone (l'agent de la CIA qui doit se faire passer pour un photographe auprès d'Hemingway) :
- Alors, c'est vous le photographe ?
- Oui, c'est moi.
- Vous avez travaillé pour qui ?
- Un peu tout le monde.
- Mais encore ?
- Life Magazine.
- Vous connaissez Sam Shaw ?
- Je l'ai croisé.
- Shaw est un sacré bon photographe.
- Il est très bon, acquisça Robert Stone, mal à l'aise.
[...]
- Vous êtes arrivé quand, monsieur Hooper ?
- Hier.
- C'est votre première fois à La Havane ?
- Oui.
- Et vous trouvez la ville comment ?
- Jolie.

Stone est censé se faire apprécier de Hemingway. Quand j'ai lu ce dialogue, j'ai eu de gros doutes sur les compétences de Stone... Et, de manière logique, Hemingway ne croit pas du tout qu'il soit photographe, et ne l'apprécie pas.
Un autre petit élément qui a eu le don de m'énerver à chaque fois que je le trouvais, c'est que l'auteur appelle tout le temps son agent de la CIA "Robert Stone", en utilisant le nom en entier. Alors que pour ses autres personnages, il utilise tantôt le nom, tantôt le prénom, tantôt le surnom lorsqu'il existe. Déjà que "Robert Stone" a une sonorité dure je trouve, le retrouvait répété régulièrement me sortait complètement de la lecture, car celle-ci n'était plus fluide.

Les scènes du côté des guerilleros étaient un peu plus agréables à lire, plus fluides. Toutefois, arrivé au tiers du roman, il ne se passait toujours rien ou presque. A part quelques discussions philosophiques entre Che Guevara et un caméraman de sa troupe, l'auteur ne nous fournissait guère de choses à nous mettre sous la dent. Et Hemingway ne semblait pas prêt d'arriver à rejoindre les guerilleros pour faire ses interviews.

N'arrivant pas à identifier vers quoi le roman voulait m'emmener, sans fil rouge pour me tirer vers l'avant, et avec un style de narration qui ne m'emportait pas du tout dans l'histoire, j'ai fini par abandonner.

Je suppose toutefois que les lecteurs qui apprécient le style de Christophe Lambert (et vu la carrière de cet auteur, ils doivent existaient en nombre) apprécieront cette uchronie qui me parait très bien documentée. Les détails historiques sur les personnages et les lieux sont nombreux et peuvent apporter une saveur particulière à ceux qui apprécient cette période de l'Histoire.

mardi 25 mars 2014

Mary's Blues


Auteur : Marie-Anne Cleden
Année d'édition : 2014
Edition : HQN (Harlequin numérique)
Nombre de pages : ~260 (numériques)
Public visé : Adulte (tout public)
Quatrième de couverture :
Riv est apparu au crépuscule, avec la pluie.
Au début, Mary a cru que cet homme étrange, assis sur son toit, était l’une des manifestations de ses rêveries éveillées. Mais il n’a pas disparu dans l’ombre d’un clignement d’œil. Nu, magnifique, désirable, il l’a regardée avec une intensité troublante ; comme s’il voyait au plus profond d’elle-même, comme s’il comprenait tout ce qu’elle ressentait. Et Mary a su qu’elle l’attendrait chaque soir de pluie… 

Je tiens à remercier les éditions HQN, ainsi que l'auteur, pour ce partenariat.

Mon histoire avec Mary's Blues commence il y a longtemps, lorsque son auteur avait ouvert un challenge pour ce texte sur Cocyclics. Je n'avais pas pu le suivre de manière très assidue, mais déjà à l'époque le pitch m'avait charmée. Puis le texte est passé en cycle sur Cocyclics, mais là aussi je n'ai pas pu y participer par manque de temps, malgré mon envie.
J'étais donc très curieuse de découvrir la version finale de ce roman, de voir ce que l'auteur en avait finalement fait. Et ce fut une belle découverte !

J'ai eu un peu de mal à rentrer dans ce texte pour un petit détail qui tient à mes goûts personnels : il est raconté au présent, à la troisième personne. Je dois dire que j'ai du mal avec tous les textes qui emploie cette narration, mais j'ai des amies qui au contraire adorent quand c'est narré ainsi ! Donc, c'est un petit point négatif pour moi, mais je sais que ça ne le sera pas pour tout le monde.

Mary's Blues est publié chez HQN (donc Harlequin), mais ne vous attendez pas à retrouver une romance classique. On est bien loin de ce que j'ai pu lire auparavant chez Harlequin !
Mary's Blues, c'est avant tout l'histoire d'une jeune femme qui se morfond dans la vie qu'elle s'est construite, parce qu'elle a atteint tous ses rêves. Elle a un bon travail qui lui permet d'appliquer sa créativité et son sens de l'organisation (wedding's planner) ; elle est indépendante financièrement ; elle est propriétaire de son appartement sous les toits de Paris (son rêve depuis toujours). Bref, elle a atteint ses objectifs et manque désormais de rêves pour aller de l'avant.
C'est là que Riv intervient. C'est un ondin de la Seine, et il a pour but de rendre à Mary sa joie de vivre, afin que ses sentiments positifs alimentent en énergie le royaume de féérie. Sauf que tout ne va pas se passer comme il le prévoit.

Je dirais que la romance dans Mary's Blues est plutôt au second plan. D'autant plus que les sentiments de Mary vont se partager entre Riv, et son nouveau voisin bien humain. Mais ça ne donnera pas exactement lieu à la définition classique du "triangle amoureux". Je vous laisse lire le roman pour découvrir comment ça se passe. ;)

L'aventure est aussi présente dans Mary's Blues, car les êtres féériques ont décidé de se chercher un nouveau médiateur (un humain qui pourrait les représenter auprès des hommes, et raviver les croyances de ceux-ci dans le royaume féérique). C'est Riv qui est en charge de cette mission, et bien sûr Mary va être impliquée (avec notamment une intervention du Kraken au milieu).

Ce qui m'a séduite dans le personnage de Mary, c'est qu'elle n'est pas une femme parfaite. Elle a tout ce qu'elle désire, et pourtant elle n'est pas heureuse. A son travail, elle a une stagiaire avec laquelle elle a beaucoup de mal à maintenir de bonnes relations. Elle se sent mise en danger par les ambitions de sa stagiaire, et réagit assez mal. J'ai trouvé ça très humain (je crois que j'aurais réagi comme Mary), et ça rend Mary attachante. De leur côté, Riv et le voisin de Mary ne sont pas parfaits non plus. Leurs sentiments les poussent à commettre des erreurs, à empiéter sur le territoire de Mary. On trouve les deux sympathiques, attachants, et on se demande lequel choisira Mary sans préférence (en ce qui me concerne) entre les deux.

Ce roman m'a aussi réconciliée (en partie seulement, faut pas abuser ! ^^) avec Paris. Les descriptions de la ville à travers les yeux de Mary et de Riv montrent toute la poésie qu'elle peut receler. Je sais l'auteur amoureuse inconditionnelle de la Capitale, et elle a parfaitement réussi à transmettre cet amour à travers son roman. Chapeau bas !

En conclusion, je me suis laissée portée par ce roman d'urban fantasy, et surtout par son ambiance. Il y a bien quelques petites facilités dans l'intrigue, mais cette plongée dans Paris et dans sa magie mérite le détour !


mercredi 12 mars 2014

Les Monarchies Divines 1 : Le Voyage d'Hawkwood

Année d'édition : 2014
Edition : le livre de poche
Nombre de pages : 624
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Le monde est en guerre. Aekir, la cité ramusienne, vient de tomber aux mains des armées du sultan Aurungzeb. Partout, les intégrismes religieux progressent, et la magie même est menacée... Débarqué au port d'Abrusio, le noble Hawkwood, qui a vu une partie de son équipage emprisonnée, n'a d'autre choix que de repartir, aux côtés de magiciens et de sorciers bannis, à la recherche d'un continent légendaire aux confins du monde connu.

Tout d'abord, je tiens à remercier le forum Mort Sûre et Le Livre de Poche pour cette belle découverte !

Contrairement à ce que laisse entendre la 4ème de couverture et le titre de ce premier tome, ce roman ne s'attache pas uniquement aux pas d'Hawkwood, ce qui m'a un peu déstabilisée au début. Il s'agit d'un roman "chorale", c'est-à-dire qu'il n'y a pas un héros, ni même une compagnie de héros, mais une multitude de personnages qu'on suit en alternance. Hawkwood, bien sûr, capitaine de deux bateaux qui vont partir à la recherche d'un continent mythique à l'Ouest. Mais aussi Corfe, soldat de la cité d'Aekir jusqu'à ce qu'elle soit prise, qui se retrouve plongé dans le flot de réfugiés essayant d'échapper aux armées Medruk. Abeleyn, roi d'Hebrion, qui est en lutte de pouvoir avec le prélat de son royaume. Bardolin, le mage obligé de fuir Abrusio à cause des purges de l'Eglise envers tout sorcier. Et d'autres personnages encore, que l'on croise un peu moins souvent...

Cette série n'est donc pas l'histoire d'un personnage, mais celle d'un continent au moment où il entre dans une nouvelle ère.
La multiplication des points de vue rend le début un peu difficile à passer, le temps qu'on comprenne ce qui se passe, et qu'on comprenne surtout qu'on doit entrer en empathie plus avec la destinée du monde qu'avec celle d'un personnage. Cela n'empêche pas, au bout de quelques chapitres, de s'attacher à certains d'entre eux, d'en détester royalement d'autres. Chacun a son propre but de son côté, ce qui apporte la tension nécessaire pour garder le lecteur accroché au roman (les bateaux d'Hawkwood arriveront-ils à trouver le continent occidental avant que tout le monde se déchire à bord ? Quelle destinée reste-t-il à Corfe parmi cette foule de réfugiés ? Abeleyn pourra-t-il défier l'Eglise sans amener son royaume à la ruine ? La digue d'Ormann résistera-t-elle à l'envahisseur Medruk innombrable ?). Toutefois, on comprend vite aussi que tous ces personnages sont liés : du résultat de leurs actions dépendra à chaque fois le destin de leur continent. Tout peut changer, ou tout peut tomber en ruine, mais c'est assurément une époque d'évolution. Et je dois dire que j'ai au final adoré cet aspect "roman chorale" qui permet de vivre la destinée de tout le continent, de s’inquiéter de la répercussion de l'action de l'un sur le devenir de l'autre ! L'ampleur que cela donne à l'histoire était délicieuse !

Côté style d'écriture, je l'ai trouvé au début un peu trop lourd, mais je ne saurais dire si c'est dû au style d'origine, ou à une mauvaise traduction. Cependant, ça s'allège un ou deux chapitres plus tard, et ensuite ça devient tout à fait agréable à lire. Il reste pas mal de descriptions, mais elles sont aisées à lire en diagonale (elles ne sont jamais très longues) si on ne souhaite pas s'appesantir dessus. A peu prêt au quart du roman, j'en suis arrivée au stade où je ne pouvais plus le lâcher ! Chaque intrigue était lancée, et je voulais absolument connaître la suite de chacune ! (D'ailleurs l'auteur est bien cruel lorsqu'il nous arrête au point critique d'une intrigue pour nous ramener sur une autre, nous obligeant à patienter pour connaître la suite des évènements. Mais c'est justement ce qui rend ce roman si addictif !)

En conclusion, un roman que j'ai beaucoup aimé, avec une ambiance bien à lui, de l'action mais aussi des intrigues politiques. Bref, un très bon roman de fantasy, et il va falloir maintenant que je me procure la suite, parce qu'il s'arrête bien sûr sur de magnifiques cliffhangers !

samedi 14 septembre 2013

Maîtres et Seigneurs, Tome 1 : Le maître de mon coeur







Année d'édition : 2013
Edition : J'ai lu
Nombre de pages : 370
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
1066. L'Angleterre, à feu et à sang, hésite entre Saxons et Normands. Le guerrier Rohan de Luc est fait prisonnier avec ses compagnons. Il ressort des geôles sarrasines marqué dans sa chair. Désormais au service du roi Guillaume le Conquérant, il a reçu l'ordre de s'emparer du domaine d'Alethorpe. Isabelle, une fougueuse saxonne qui dirige seule la seigneurie lui complique la tâche.

Je tiens à remercier le forum Mort Sûre et les éditions J'ai Lu pour ce partenariat.

De la romance historique ? Voilà qui était fait pour moi ! Au final je ressors mitigée de ce livre, mais ce fut tout de même une agréable lecture.

Commençons donc par les mauvais points.
C'est une romance, certes. Mais on y retrouve un peu trop à mon goût les poncifs du genre, avec un héros beau (que dis-je, divin !) et ténébreux, et une héroïne belle à damner un saint. Ajoutons que le héros est possessif et autoritaire envers la damoiselle, et que celle-ci est bien sûre d'une innocence absolue en ce qui concerne les plaisirs du lit mais sent tout son coeur brûler de désir pour le fier guerrier (pourtant envahisseur de son domaine) à peine celui-ci l'effleure-t-il. Bref, J'ai Lu publie d'autres romances historiques plus subtiles dans le jeu entre les deux amoureux, et j'ai donc été un peu déçue de ce côté-là.
Côté historique aussi, je ne suis pas une pro, mais il m'a semblé qu'il trainait quelques incohérences. En tout cas, je ne me suis guère sentie plongée au XIème siècle, l'histoire aurait tout aussi bien pu se dérouler plus tard sans avoir besoin de changer le décors.
L'intrigue se tient, mais n'est guère développée.

Passons maintenant au positif (car malgré mes reproches, j'ai tout de même passé un bon moment).
En premier lieu, je mettrais les personnages ! Si l'on met de côté la manière dont l'héroïne perçoit le héros, et inversement, les personnages sont bien caractérisés. L'héroïne a un caractère fort, elle ne se laisse pas faire alors que son domaine est envahie et elle contrainte de continuer à mener sa maison pour les envahisseurs. Elle tient tête avec fierté, mais sait aussi céder lorsque ses gens sont en danger. On se prend d'affection pour elle, et on la trouve respectable. Le héros quant à lui n'est pas un guerrier "de romance", si j'ose dire. Il peut être dur, tueur sans merci, quand on s'attaque à lui ou à ses intérêts. Et même si ça le rend moins attirant par moment, au moins pour une fois on a un héros guerrier cohérent. Enfin, les personnages secondaires sont vraiment très sympathiques, et ça me donne envie de découvrir la suite de la série pour suivre les péripéties de chacun (malgré les défauts de cette auteure).
Autre point fort, l'époque choisie. Le roman se déroule lors de la conquête de l'Angleterre par Guillaume le Conquérant. C'est la première fois que je lisais une romance à cette époque-là. Je trouve qu'elle se prête très bien à la mise en place de conflits alimentant l'intrigue et d'obstacles à l'amour des héros. Elle est riche en possibilités.

En conclusion, ce n'est pas la meilleure romance historique qu'il m'ait été donné de lire (c'est toutefois loin d'être la pire !), mais elle a tout à fait rempli le rôle que je souhaitais : m'offrir un moment de lecture divertissant et agréable.

mardi 30 juillet 2013

Chroniques d'une Magie Annoncée


Auteur : Nicolas Cluzeau
Année d'édition : 2013
Edition : Midgard
Nombre de pages : 427
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Au sein d’un multivers sans limites, on ne peut rien prédire, même la magie. Dans un monde où la magie est à la fois une science et un don, les mystères qui mettent en échec les autorités nécessitent parfois la présence d’un magicien. Et dans ce cadre précis, une thaumaturge et sa fille, dont la réputation grandit d’affaire en affaire, sortent du lot. Au fil des années, Harmelinde et Deirdre, insolentes, gourmandes, lucides et capricieuses, parcourent le continent et démêlent, au risque de leur vie, les énigmes et affaires les plus déroutantes qui soient. Confrontant vampires, fées, dragons, oiseaux de feu, korrigans, spectres et autres créatures soi-disant meurtrières, elles comprendront cependant que des apparences parfois trompeuses peuvent pousser la plus douée des mages à commettre des erreurs.

Je tiens à remercier le forum Mort Sûre et les éditions Midgard pour cette belle découverte reçue en partenariat.

Le titre m'avait intriguée, la couverture m'avait séduite et la quatrième de couverture, qui promet de l'originalité en mêlant fantasy et policier, m'avait convaincue de postuler sur ce partenariat. Je n'ai pas été déçue !

Comme l'indique la quatrième de couverture, cet ouvrage est en fait un recueil de nouvelles, mais toutes se déroulent dans le même univers, et avec les deux mêmes personnages principaux : Harmelinde et Deirdre de Crommlink. Elles sont de plus toutes des nouvelles-enquêtes, avec un mystère (bien souvent des assassinats) magique à résoudre. Je ne chroniquerai pas nouvelle par nouvelle car pour moi elles forment un tout qui est bien homogène (hormis peut-être la toute première). Elles peuvent bien sûr se lire de manière tout à fait indépendantes, mais on peut aussi les lire d'affilé en ayant l'impression de suivre Harmelinde et Deirdre dans leur vie de magiciennes quelques peu accros aux affaires policières magiques. Le style est assez particulier, un peu à l'ancienne, notamment dans les dialogues. Il faut s'y faire, mais ensuite ça ajoute à la saveur des textes.

J'ai beaucoup aimé ce mélange de fantasy et de policier. C'est un mélange assez atypique, et qui pourtant sous la plume de Nicolas Cluzeau fonctionne très bien. Les mystères relèvent vraiment de la magie, tout comme les méthodes d'investigation de nos deux magiciennes. De plus, l'univers riche et travaillé fournit des enquêtes à plusieurs strates, avec une profondeur appréciable pour des histoires conçues sous format court.

L'univers ! C'est l'autre gros point fort de ce recueil. Chaque enquête nous emmène à la découverte de la vérité, mais aussi à la découverte de cet univers. De nouvelle en nouvelle, on en cerne les contours, il nous apparait de plus en plus familier, et en même temps on découvre de nouveaux aspects, de nouvelles richesses. Le tout sans jamais perdre en cohérence. L'auteur nous propose un univers fouillé de fantasy, assez classique par certains côtés (différents plans existent, avec les dieux au-dessus, les hommes au milieu, les démons en dessous par exemple), avec certains aspects qui sonneront familiers aux oreilles du lecteur un peu attentif (notamment parmi les peuples et les religions), mais aussi avec une originalité bienvenue tout en étant discrète (les équations ondilignes pour ne citer qu'elles). Bref, un univers dans lequel il est facile et très agréable de plonger, sans pour autant s'y ennuyer bien au contraire !

Côté personnages, ma préférence va plutôt vers Harmelinde que vers Deirdre. Les nouvelles qui ne concernent que cette dernière sont d'ailleurs celles qui m'ont le moins séduite, sans doute parce que Deirdre a des méthodes d'investigation plus "brutes d'instinct" que sa mère. Je préférais suivre les raisonnements d'Harmelinde pour dévoiler les mystères.

Je connaissais Nicolas Cluzeau de nom, j'ai eu ici le plaisir de découvrir sa plume et son univers. Et j'y retournerais volontiers en me procurant l'un des romans racontant une autre partie de l'histoire des terres foulées par Harmelinde et Deirdre. :) (dès que ma PàL aura un peu baissé...)

En conclusion, une très belle découverte, une très agréable lecture, que je recommande à ceux qui apprécient la fantasy sous un jour nouveau.

lundi 13 mai 2013

Tomyris et le Labyrinthe de Cristal

Année d'édition : 2013
Edition : Asgard
Nombre de pages : 419
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Quand une femme change le cours de l’histoire...
VIe siècle avant J.C., Cyrus le Grand trace les contours d’un empire colossal qui s’étend de la Grèce à l’Inde. Tomyris, la reine des Massagètes, est bien décidée à tenir tête au tyran et s’apprête à combattre la plus puissante armée du monde, celle que l’on surnomme « les Immortels ». Alors que le fracas des armes et les cris des agonisants se font entendre, la magie de l’Ouroboros est sur le point de s’éveiller et, sous les monts du Zagros, un secret enfoui depuis des millénaires pourrait bien régler le sort de la bataille…
Magie, combats titanesques, personnages légendaires et monstres mythiques s’invitent pour une aventure croisant Histoire et héroïc-fantasy !
Je remercie les éditions Asgard et le forum Mort-Sure pour m'avoir permis de découvrir ce roman à travers un partenariat.

Commençons par un petite avertissement : contrairement à ce que pourrait laisser penser le titre (qui, je trouve, fait très série pour adolescents), ce roman est vraiment pour adultes. Les scènes de bataille y sont violentes, les mœurs de certains peuples particulièrement sanguinaires et sadiques. On ne tombe pas non plus dans l'horreur, mais les auteurs n'ont pas édulcoré la violence de l'époque.

Parlons justement du contexte historique. A mes yeux, il s'agit du plus gros point fort du roman. L'époque choisie, et surtout le lieu (les royaumes frontaliers avec l'empire perse) sont très peu traités en romans historiques. Ils sont encore moins abordés en fantasy historique. J'ai toujours été intriguée par Babylone, la Perse antique et tout ce qui tourne autour, sans pour autant trouver de romans qui me permettrait de plonger dans leur ambiance. C'est pourquoi j'avais hâte de découvrir Tomyris et le Labyrinthe de Cristal. Je n'ai pas été déçue ! Les décors sont au rendez-vous, ainsi que les batailles ou encore la diversité des peuples. Ce qui est très intéressant en choisissant de placer l'intrigue à la fin du règne de Cyrus le Grand, c'est que l'empire perse vient d'unifier de nombreux petits royaumes, des rives de la Méditerranée aux frontières de l'Asie. Les protagonistes de l'histoire sont représentatifs de la diversité de l'empire et des échanges qui existaient à l'époque entre tous ces peuples.

Côté aventure, il y a de quoi faire ! Le groupe de héros (qui évolue au grès des rencontres, mais aussi des décès) n'a guère le temps de se poser entre deux combats. D'abord en fuite devant l'armée de Cyrus, puis en guerre contre elle au côté de Tomyris, la reine des Massagètes, ils partiront ensuite au coeur de montagnes peuplées de tribus sanguinaires à la recherche du Labyrinthe de Cristal (Tomyris est un personnage secondaire, elle ne fait pas partie du groupe de héros). Les monstres enfermés dans celui-ci ne les laisseront pas se reposer avant la toute fin du roman. Les différentes aventures ne recèlent guère de surprises, mais elles n'épargnent pas les héros. Même les plus aguerris et les plus valeureux ne sont pas pour autant prémunis contre la mort.

Les personnages eux-mêmes sont un peu plus décevants. Assez stéréotypés, ils se ressemblent beaucoup entre eux. D'un côté les fiers guerriers sans peurs, de l'autre les fières amazones (comprendre reines guerrières) sans peurs non plus et hardies au combat, et enfin les non combattants. Ce sont sans doute ceux qui montrent le plus de diversité, bien que les psychologies ne soient jamais très creusées. Cependant, je n'ai pas trouvé de personnages exaspérants, ce qui est toujours le risque avec des stéréotypes, ce qui m'amène à dire que les auteurs se sont tout de même assez bien débrouillés avec eux.

Pour ce qui est du scénario, la première partie est bien plus intéressante que la seconde. Le début est plutôt historique, avec la guerre entre Cyrus et Tomyris. Pas de grosses surprises, mais le contexte porte très bien l'histoire. On vibre avec les Massagètes face à l'immense armée de Cyrus. On espère que les héros, dont les royaumes ont été annexés par Cyrus, obtiendront leur vengeance.
Cependant, la deuxième moitié du roman se déroule après la défaite de Cyrus, et on bascule alors dans complètement autre chose. Les héros partent en quête des pouvoirs de l'ouroboros, ça devient beaucoup plus fantasy. Sauf que les péripéties s'enchainent trop à la manière d'une partie de jeu de rôle, c'est à dire que les héros ont un lieu à atteindre et que va se dresser sur leur route une succession d'obstacles/épreuves sans grand rapport les uns avec les autres, et avec encore moins de rapport avec le but final. Même pour le dernier monstre à affronter, je n'ai pas compris le lien avec le labyrinthe de cristal.

Le plus gros reproche que je ferai à ce roman, c'est au niveau de la forme. Les dialogues ne sonnent pas du tout réalistes (heureusement les descriptions rattrapent largement). Il y a quelques termes anachroniques. Mais surtout, il y a un gros problème de conjugaison. Les auteurs (et leur éditeur) semblent totalement ignorer l'utilisation du conditionnel présent en tant que futur du passé. Alors que tout le récit est au passé simple/imparfait, du futur simple apparaissait tout à coup au milieu du texte à chaque fois qu'il était question d'une action ou d'un évènement à venir. J'ai trouvé ça assez désagréable car cela choquait mon instinct grammatical. Je ne pouvais pas m'empêcher de re-conjuguer toutes ces phrases afin de les mettre à un conditionnel présent (futur du passé) beaucoup plus naturel (et juste).

En conclusion, et malgré ses défauts, ce roman vaut le détour pour le contexte historique qu'il met en scène. Je ne suis pas une spécialiste de l'époque et de la région, donc j'ignore s'il est bien documenté. Mais il m'a dépaysée, il m'a plongée au coeur de ces contrées plutôt austères et pourtant très vivantes. J'y ai trouvé une ambiance particulière, qui collait plutôt bien à mon idée d'origine de l'époque et de la région. En bref, le voyage dans le "berceau des civilisations" fut à la hauteur de mes espérances et de ma curiosité.

mercredi 3 avril 2013

Dans l'oeil de la tortue

Une petite chronique sur un roman que j'ai lu dans le cadre d'un partenariat...

Titre : Dans l'oeil de la tortue
Auteur : Anne Lanièce
Editeur : Lokomodo

Tout d'abord, je tiens à remercier le forum Mort Sûre et Lokomodo pour m'avoir permis de découvrir ce roman à travers un partenariat.

Ce roman est... étrange. Je ne saurais pas le qualifier autrement. Il ne correspond pas du tout à ce à quoi je m'attendais en lisant le résumé. Je pensais m'embarquer dans de l'anticipation assez poussée, où notre monde actuel se retrouverait profondément bouleversé. Rien de tout ça.

Ce roman peut être classé en anticipation dans le sens où il nous parle de la découverte d'une nouvelle forme de vie au fond de l'océan. Mais c'est bien là le seul aspect de SF qu'il contient. Il raconte avant tout le quotidien d'un couple, elle est journaliste, lui est tout jeune docteur en génétique (et plus précisément en évolution des espèces), et de leurs amis eux aussi journalistes ou scientifiques. La découverte de l'espèce des grands fonds qui remet en question la définition de « vie » n'est qu'un élément parmi d'autres dans leurs quotidiens. Il y a finalement très peu « d'action » dans ce roman, pas de véritable intrigue de fond. Juste des discussions entre journalistes sur ce qu'il est important de publier, des discussions entre scientifiques sur des théories d'évolution des espèces et des théories sur ce que va révolutionner la découverte du micro-organisme marin qui ne « meurt » pas, et des personnages qui avancent dans des vies personnelles somme toute courantes.

Un scientifique (ce que je suis) ou un journaliste appréciera le réalisme des discussions techniques, ainsi que les théories proposées/débattues. Il y a assurément des idées et des pistes de réflexion intéressantes qui nous sont proposées. Cependant, est-ce suffisant pour faire un roman ? J'ai un doute... En tout cas, ça ne correspond pas vraiment à ce que je recherche dans un roman, surtout d'anticipation (même légère). Tout du long, j'ai attendu que l'intrigue décolle, que quelque chose m'accroche vraiment et me donne envie de tourner les pages sans m'arrêter. Des fleurs pour Algernon, qui est pourtant aussi un roman d'anticipation légère très tourné vers la science, y arrive parfaitement car on souhaite savoir ce que va devenir le narrateur. Ici, l'intrigue aurait pu tourner autour du mystère scientifique de cette nouvelle forme de vie qui vient d'être découverte, et de l'impact que ça va avoir pour l'humanité. Sauf que cette découverte ne vient jamais vraiment au premier plan de l'histoire, et elle n'est jamais utilisée pour créer une tension narrative. Tout tourne essentiellement autour des personnages et de leur quotidien. Heureusement, ces personnages sont plutôt bien réussis, crédibles, avec des qualités, des défauts et des interrogations sur leur futur. C'est grâce à eux que j'ai tout de même lu ce roman jusqu'au bout sans vraiment m'ennuyer.

En conclusion, ce roman est vraiment inclassable pour moi. À déconseiller assurément à ceux qui recherchent de l'action, de l'aventure et des mystères. Mais ceux qui aiment réfléchir à de grandes problématiques humaines sauront sans doute l'apprécier à sa juste valeur.

mercredi 12 décembre 2012

Aquatica (La trilogie Atlante - T1)




Auteur : Corinne Guitteaud
Editeur : Editions Voy'[el]
Nombre de pages : 476

Quatrième de couverture :
La jeune Tamara Whalings a été nommée gouverneur d'Aquatica, planète presque complètement couverte d'eau, dont les mers sont remplies de cétacés et dont les archipels sont peuplés d'humains et de gigantesques fourmis extraterrestres les Reens. Arrivée sur Aquatica elle découvre les tensions entre les communautés humaines et extraterrestres.



La quatrième de couverture me semble très réductrice par rapport à ce que contient le roman. Celui-ci est divisé en deux parties, et elle présente tout au plus ce à quoi on peut s'attendre dans la première.
Ce fut une des grandes surprises de ce roman pour moi : ces deux parties, complètement différentes dans l'ambiance l'une par rapport à l'autre. La première est plutôt tranquille, intimiste presque. On y découvre la planète Aquatica aux côtés de son nouveau gouverneur, la jeune Tamara Whalings. Les problématiques affrontées sont très locales : les hauts membres du gouvernement qui mettent des bâtons dans les roues de Tamara, les aquaculteurs qui ont quelques revendications par rapport à leurs différents corps de métier, les difficultés de la cohabitation entre les humains d'Aquatica et la ruche locale de Reens,... Puis on bascule de manière très soudaine dans la deuxième partie, où toutes les problématiques de la première partie sont oubliées car Aquatica est désormais en guerre et essaye difficilement de survivre.

La surprise passée, j'ai autant aimé la première partie que la deuxième. J'avoue que je n'aurais pas dit non à un roman complet qui aurait suivi l'ambiance intimiste et "locale" de la première partie. Mais la deuxième partie recèle de très belles découvertes sur la galaxie qu'a imaginée Corinne Guitteaud. Notamment toute sa vision sur les différentes races extraterrestres et leurs rapports avec les humains fut un de mes coups de coeur du roman.

Le style de Corinne, simple et fluide, fait passer un très agréable moment de lecture. Et pour toutes ces raisons, je vous conseille vivement de partir à la découverte d'Aquatica !


A lire absolument si on aime :
- Le Planet-Opera
- Les histoires centrées sur les personnages
- La mer
- Les visions non clichées des rapports humains/extra-terrestres

A éviter si on cherche :
- Du Space Opera grandiose
- Une unité dans l'action
- De grands combats épiques

Le petit plus du livre : Les cétacés, bien sûr !

Si vous souhaitez acheter ce roman en numérique (librairie 7switch), vous pouvez le faire en quelques clics : Buy

samedi 17 novembre 2012

Rose-thé & Gris-souris

Auteur : Marie-Catherine Daniel
Edition : Les Roses Bleues

Quatrième de couverture :
Comment ça, on ne choisit pas sa famille ?

"Elle, c’est Gertrude. Y a pas idée d’avoir un tel nom et ça lui pose problème depuis la maternelle. Il y a peu, elle a décidé, qu’en fait, c’était pas son vrai nom. Elle a décidé que son vrai nom, c’était Cunégonde. Elle a un humour particulier, Gertrude.
[...]
Lui, c'est Dégage. C’est un chien bien élevé, alors quand on l'appelle, il obéit : il va planquer sa gale dans les cartons sous l'auvent. Il y a encore l'odeur de ses colocataires. Mais à peine désormais. Parce que les humains ont arrosé l'endroit avec leurs produits détergents mais aussi parce que tous les vieux cartons ont disparu avec la meute."

Rose-thé et gris-souris est l'histoire d'une jeune femme blessée par la vie qui, grâce à l'optimisme tenace d'un chien en quête d'amour, finit par accepter de s'ouvrir à son entourage.
Bouleversants de tendresse l'air de ne pas y toucher, les personnages singuliers et attachants de Gertrude et du chien Dégage ne laisseront personne indifférent.

Je viens de terminer ce roman de littérature générale, et comme je n'ai pas le droit de le chroniquer sur Cocyclics (ce n'est pas de la SFFF), je viens le faire ici, même si je suis en retard dans le poste de certaines chroniques sur ce blog.

Mais ce petit livre est un véritable bijou qu'il me fallait absolument chroniquer tout de suite !
A la quatrième de couverture, je sentais bien que ce roman avait de fortes chances de me plaire. Et puis la petite phrase "Comment ça, on ne choisit pas sa famille ?" annonçait un très beau livre pour moi. Attentes comblées !

Grâce au style à la fois simple et très second degré de l'auteur, je me suis glissée tout de suite dans ce roman qui nous emmène à la Réunion, mais pas celle des cartes postales (sauf à la toute fin). On y suit le quotidien de Gertrude, comptable fraîchement débarquée de la métropole, en période d'essai dans un supermarché. Elle est un peu particulière, Gertrude, mais on s'attache très vite à elle. Justement parce qu'elle est un peu particulière, et en même temps comme tout le monde. On y suit aussi le quotidien de Dégage, qui a décidé de faire de Gertrude sa nouvelle meute (alors que celle-ci a peur des chiens, et surtout des chiens errants). On est dans les pensées de Dégage, et on se prend vite d'affection/pitié pour ce jeune chien finalement très naïf, autant sur les humains que sur les chats. ^^

C'est un roman tout en sensibilité et tendresse, qui nous parle de ces petites choses du quotidien, de la solitude et de l'envie de se trouver "une meute" comme dit Dégage. C'est un roman qui donne envie de sourire tout simplement.

Dire que des éditeurs ont refusé ce roman parce qu'il n'était pas assez réaliste pour certains (bah oui, apparemment être dans les pensées d'un chien, ça peut déplaire au public de littérature générale...), trop réaliste pour d'autres (ça, je peux le comprendre, il ne relève pas pour moi de la SFFF). Pour moi, ils sont passés à côté d'une oeuvre magnifique que je vais m'efforcer à la mesure de mes moyens de promouvoir, car il mérite de rencontrer un beau succès même si c'est une toute petite maison d'édition qui le publie !

Le livre en lui-même est superbe, avec des rabats de couverture et une illustration qui correspond si bien à l'histoire. Un grand bravo aux éditions des Roses Bleues pour cette publication, et un grand merci à Marie-Catherine Daniel pour m'avoir offert un tel moment de lecture. J'en suis encore toute émue...

Vous l'aurez donc compris, un immense coup de coeur pour moi ! Si vous avez envie de voir la vie en Rose-thé (et un peu Gris-souris), jetez-vous dessus !

Ce roman a été édité en numérique par les éditions Milady (collection Emma). Si vous souhaitez l'acheter en numérique (librairie 7switch), vous pouvez le faire en quelques clics :  Buy