Auteur : Robin Hobb
Année d'édition : 2014
Edition : J'ai Lu
Nombre de pages :
Public visé : Adulte
Quatrième de couverture :
Au
royaume des Six-Duchés, dans l’inquiétant décor d’une forteresse battue
par les vents et les flots, Fitz, un jeune garçon issu d’une lignée
royale, fait à la cour le rude apprentissage de la vie. Un maître
d’écurie, étrange et bourru, lui prodigue conseils et affection ; un
vieux sage, isolé au sommet d’une tour, l’initie à la délicate
perception du Bien et du Mal ; des molosses qui l’ont adopté lui
apportent réconfort et protection. Commence alors pour le jeune homme un
long voyage initiatique semé d’embûches et de trahisons. Un voyage sans
retour au bout de l’angoisse, de l’amour, de la désespérance. Confronté
aux cruelles exigences de la loyauté, existe-t-il pour lui une autre
voie que celle du sacrifice ?
Je remercie les éditions J'ai Lu et le forum Mort Sûre pour ce
partenariat, qui m'a permis de combler une lacune de ma culture de
fantasy.
L'assassin Royal fait partie des monuments de la
fantasy. Pas évident du coup d'en faire une chronique. Pas évident non
plus de savoir pourquoi je ne l'avais jamais lu jusqu'à présent...
Je
m'attendais à beaucoup d'action. C'est finalement beaucoup d'intrigues
politiques que j'ai trouvées dans cette intégrale des trois premiers
tomes parus en français. Et ce n'est pas pour me déplaire ! Une grande
partie des évènements se déroulent en quasi huis-clos à Castelcerf, le
château royal. De saison en saison, on y voit grandir Fitz, bâtard de
sang royal que le roi a décidé de former aux arts de l'assassinat. Il y a
beaucoup de moments de vie, ce qui pourrait devenir ennuyeux, mais on
se retrouve complètement accrochés car Fitz n'est jamais à l'abri. En
tant que bâtard, son avenir n'est jamais certain. Tant qu'il se montrera
utile, il vivra, mais si le roi ou les héritiers du trône trouve qu'il
devient une gêne pour la royauté, on le fera disparaître. Robin Hobb
sait mêler avec talent les difficultés du statut de Fitz aux évènements
qui chamboulent le royaume. Les pirates rouges ravages les côtes, sans
que les forces du roi n'arrivent à s'opposer à eux. Du coup, peu à peu,
on craint autant pour l'avenir de Fitz que pour l'avenir du royaume.
Le
récit à la première personne, sous forme de flashback, nous assure que
Fitz va survivre, mais on ne sait pas dans quelles conditions. Et on ne
sait rien de ce que va devenir le royaume. Du coup, la tension
fonctionne très bien, on a envie de savoir où tout cela va aboutir.
Certains
personnages sont très attachants. Fitz, bien sûr, mais aussi le prince
Vérité ou encore le fou. Pour eux, on a envie que la situation du
royaume s'améliore, on a envie que les méchants cessent de leur pourrir
la vie, qu'ils n'ont déjà pas facile. La reine Kettricken m'a aussi
beaucoup touchée, car elle incarne ce que devrait être idéalement la
royauté.
Il y a beaucoup de belles trouvailles dans cet univers
de fantasy, et notamment le Vif et l'Art, deux formes de magie qui vont
jouer un rôle très important dans la vie de Fitz. La "forgisation", ce
que font subir les pirates rouges aux prisonniers qu'ils relâchent dans
le royaume, est aussi un acte magique très intriguant et inquiétant.
C'est une menace extrêmement forte et atypique, qui diabolise les
pirates rouges et en fait bien plus que de simples pirates.
Seul
petit point négatif pour moi dans cette première intégrale : l'histoire
d'amour entre Fitz et Molly, la chandelière. Il est... logique. Mais je
n'avais qu'une envie, c'est que leur histoire s'arrête, car elle empêche
Fitz de prendre les bonnes décisions pour sa survie. Du coup, j'ai
moins apprécié toute la partie où elle se déroule.
Cette
intégrale a été bien cogitée je trouve, car elle a une unité et se
termine à un tournant très fort dans l'histoire de Fitz. C'est donc avec
hâte que j'attends désormais de pouvoir lire la suite !